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Tout feu, tout femme

  • Québec
  • 1975
  • 87 mins
  • DCP
  • Français
Présenté grâce à l’aimable collaboration de Greg Dunning.

« Le travail de pompier est un métier à haute portée sociale. C’est pourquoi une société moderne le confie toujours à des hommes responsables. Un homme, aussi qualifié soit-il, ne peut pas tout faire tout seul. C’est pourquoi il doit être entouré d’assistants de même calibre. Des hommes braves. Des hommes qui n’ont peur de rien, ou presque… Des hommes prêts à affronter tout feu à défaut d’affronter tout femme. » — Monologue d’introduction du film

François Chartrand (Jean Lapointe) est pompier et ironiquement propriétaire d’un édifice à logements qui a passé au feu et qu’il n’a jamais rénové, faute de moyens. Le seul appartement fonctionnel de l’immeuble est habité par lui, un célibataire qui perd tous ses moyens devant les femmes. Il tremble, il sue, il bégaie dès qu’il est en présence d’une d’entre elles. François œuvre à la caserne 22, sous la direction d’un chef impatient (Guy L’écuyer) et en compagnie de collègues maladroits et paresseux (Réal Béland, Denis Drouin, Louis De Santis, Marc Gélinas, Raymond Lévesque, Gilles Pellerin). Isabelle (Andrée Boucher) est monitrice dans une garderie d’enfants et étudiante en psychologie à l’université. Lorsque son logement est détruit par l’intervention des pompiers pour un incendie mineur, Isabelle convainc François de l’héberger en toute amitié. Oui, mais voilà, Isabelle veut en fait plus que de l’amitié. François multiplie les gaffes alors que sa coloc brûle d’impatience. Exaspérée, elle demande conseil à son professeur de psychologie. Il lui conseille de l’entourer de femmes pour que sa peur maladive soit fragmentée. Ainsi, l’immeuble de François se remplit de jolies filles, tandis que ses amis pompiers tentent tant bien que mal de le rénover sur les heures de travail sans que le capitaine de la caserne ne suspecte quoi que ce soit…

Ajoutez à cela des apparitions à l’écran de Danielle Ouimet, Suzanne Langlois, Hubert Loiselle, Gilles Marien, Denise Morelle, Tony Roman et Jacques Salvail ainsi qu’une bande sonore remplie de synthétiseurs-pouet-pouet et de bruits de sirène de pompier signée Paul Baillargeon, et vous obtiendrez TOUT FEU, TOUT FEMME! Cette comédie burlesque des années 70 est scénarisée et réalisée par Gilles Richer. Bien que ce dernier n’ait réalisé qu’un seul long métrage, il a écrit deux autres comédies, TIENS-TOI BIEN APRÈS LES OREILLES À PAPA et J’AI MON VOYAGE. On le connaît surtout pour sa série télévisée MOI ET L’AUTRE, qui mettait en vedette Dominique Michel et Denise Filiatrault. Plus près des AVENTURES D’UNE JEUNE VEUVE ou de la franchise POLICE ACADEMY que de BACKDRAFT (POMPIERS EN ALERTE) ou THE TOWERING INFERNO (LA TOUR INFERNALE), TOUT FEU, TOUT FEMME est représentatif de l’humour qui régnait dans les comédies québécoises des années 70. De l’humour de situation conçu pour un succès en théâtre d’été. Mais c’est aussi ça l’intérêt de cette étrange capsule de temps : revivre l’espace d’une soirée un type d’humour que maîtrisait notamment Marcel Gamache.

— Marc Lamothe

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