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Karaoke Crazies

Première Québécoise
Sélection officielle : Festival de films South by Southwest 2016, Festival de films Boston Underground 2016

"A pleasant jolt of nostalgia for the early days of the Korean film renaissance" – Pierce Conran, TWITCH

Situé dans un bled perdu, le Addiction Karaoke ne porte vraiment pas bien son nom. L’endroit est déserté et son propriétaire Sung-wook croule sous les dettes, s’endormant chaque soir devant différents sites porno pour oublier ses soucis. Lorsque de rares clients lui demandent si une assistante peut venir chanter avec eux, il engage l’énigmatique Ha-suck, une jeune femme complètement accro aux jeux en ligne, à l’hygiène corporelle approximative et démontrant des habiletés sociales dignes d’une roche. Si l’embauche de Ha-suck s’avère catastrophique au départ, la menace d’une coupure de l’Internet la force à... ahem... prendre les bouchées doubles afin de s’assurer que les clients repartent heureux. Les résultats sont instantanés. Les hommes affluent, si bien qu’une deuxième hôtesse, la pétillante Na-ju qui n’a aucune intention d’empoigner autre chose qu’un micro, fait son entrée. Même s’ils cachent tous un drame personnel, les membres du Addiction Karaoke semblent avoir trouvé leur place, mais un tueur en série rôde et menace de déstabiliser leur fragile quiétude.

Avec son habile alliage de comédie noire et de drame poignant se métamorphosant soudainement en suspense cruel, KARAOKE CRAZIES constitue un retour triomphant pour le cinéaste Kim Sang-chan (HIGHLAND STAR) qui livre ici son premier long métrage en près d’une décennie. Kim et le scénariste Park Ji-hong centrent tout le récit sur une galerie de personnages poqués par la vie et bourrés de travers, mais profondément attachants, défendus avec panache par des comédiens excellant autant dans le registre comique que dans les moments plus bouleversants. Tous ces marginaux se fondant graduellement en une famille joyeusement dysfonctionnelle entre les murs du Addiction Karaoke font de l’endroit un protagoniste à part entière ne manquant guère de personnalité, avec sa décoration somptueusement kitsch dont la caméra et les éclairages tirent magnifiquement profit. Vous ne voudrez plus quitter l’univers délirant et parfois déstabilisant de KARAOKE CRAZIES, l’une des belles surprises de Fantasia 2016!

— Nicolas Archambault

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