Billets

La rage du démon

Première Nord-Américaine
  • France
  • 2015
  • 60 mins
  • DCP
  • Français
  • Anglais (sous-titres)
En présence du réalisateur Fabien Delage
Présenté en version originale française avec sous-titres anglais
La séance sera suivie de courts métrages fantastiques français sélectionnés par Nicolas Stanzick, codirecteur du recueil Midi-Minuit fantastique et critique aux Cahiers du cinéma


Paris, janvier 2012. Le célèbre collectionneur américain Edgar A. Wallace — rien à voir avec l’auteur de romans policiers — invite tout le gratin journalistique à la projection d’un film de 1897, invisible depuis des décennies, parfois considéré comme essentiellement mythique : LA RAGE DU DÉMON. Son réalisateur? Georges Méliès, selon certains. Ou peut-être Victor Sicarius, l’un des amis oubliés du cinéaste illusionniste, versé dans l’occultisme le plus trouble. La projection tourne au cauchemar, le public est pris de frénésie meurtrière; comme à chaque fois que le film refait inexplicablement surface, une fois par siècle. Et Christophe Gans, Alexandre Aja, Philippe Rouyer et autres cinéphiles bien connus de donner corps à la légende de ce film maudit, le « plus inquiétant de toute l’histoire du cinéma »...

On l’aura vite compris, tout cela est trop beau pour être vrai. Mais à défaut de dire la vérité, le « documenteur » de Fabien Delage vise juste. À travers l’histoire de ce film fantasmé, patchwork d’œuvres et d’anecdotes bien réelles ou exagérées, à travers l’hommage au génie évident de Méliès, LA RAGE DU DÉMON touche du doigt ce lien magique qui n’a jamais cessé d’unir le cinéma et son public. Ces jeux où illusion du vrai et conscience du faux fondent depuis toujours son plaisir fondamental. Sans oublier la nature de son rituel aux ramifications archaïques où, le temps d’une séance plongée dans la semi-torpeur de l’obscurité, la toute-puissance de l’imaginaire redevient chose tangible. Troublants de sincérité, les mystificateurs les plus convaincants s’avèrent ces personnalités jouant leur propre rôle, ces critiques qui évoquent avec une passion contagieuse un film dont ils savent en toute conscience qu’il n’existe pas le moins du monde. Belle manière de rappeler qu’au cinéma, finalement, on voit moins les films qu’on ne les rêve.

— Nicolas Stanzick

Sponsors