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Momotaro, Sacred Sailors ("Momotaro, Umi No Shinpei")

Première Canadienne
  • Japon
  • 1945
  • 74 mins
  • DCP
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle : Cannes Classics, Festival de Cannes 2016

“Cinematic propaganda that has left an artistic mark” – Tarik Khaldi, Festival de Cannes

Il était une fois un singe, un chien, un faisan et un ours qui s’enrôlent dans la Marine! De retour de leurs aventures, les autres animaux de la jungle accourent à leur chevet pour tout savoir de leurs exploits; ainsi débute la légende de MOMOTARO, SACRED SAILORS — le premier film animé de l’histoire du Japon!

Lorsqu’il fut engagé par le Ministère de la Marine pour produire un film de propagande pour enfants (!), le pionnier de l’animation Mitsuyo Seo se tourna vers FANTASIA de Disney, et la légende de l’enfant-pêche Momotaro pour trouver l’inspiration. Élaborant sur sa relecture patriotique des événements de Pearl Harbor, transformés en film animé de 37 minutes dès 1943, Seo livra en quelque sorte une suite. MOMOTARO, SACRED SAILORS est un jalon du cinéma de propagande, s’inspirant librement des événements de la Guerre du Pacifique, telle que menée de front par une panoplie d’animaux meurtriers tous plus mignons les uns que les autres (et fort d’apparitions-surprises — et sûrement non autorisées — de personnages comme Popeye)!

Présumé perdu (ou détruit par l’Occupation américaine), MOMOTARO refit surface dans les années 80, en VHS au Japon, puis en « bootlegs » excessivement rares en Occident. Maintenant fraîchement restauré par la Shochiku (à partir d’une numérisation 4K des négatifs 35 mm originaux), le classique de Seo renaît dans une version immaculée, digne de celle projetée en 1945. Dévoilé cette année dans la prestigieuse section Cannes Classics du Festival de Cannes, MOMOTARO demeure – propagande ou non – un monument du cinéma d’animation international. Ce n’est rien de moins que la naissance de l’anime tel qu’on le connaît aujourd’hui, portant dans chacune de ses fibres la promesse de générations de cinéastes à venir. Qu’il s’agisse du style « cartoon » d’Osamu Tezuka ou bien du fétichisme militaire (décidément plus sain) d’Hayao Miyazaki, tout y est! Une chance unique de voir un chef-d’œuvre oublié sur grand écran!

— Ariel Esteban Cayer

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