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Après ski

  • Québec
  • 1971
  • 104 mins
  • 35mm
  • Français

Dans une station de ski libertine des Laurentides des années 70, Philippe (Daniel Pilon) est engagé à titre de moniteur. Il apprend vite les rudiments du métier, mais surtout, profite pleinement des bénéfices de l’emploi. En effet, de nombreuses gratifications sexuelles sont offertes aux entraîneurs par les clientes. Débarque un jour Terry Lopez (Céline Lomez), une jeune starlette de 19 ans qui a choisi la station pour ses vacances. Arrive aussi Karen, une cover-girl internationale d’âge indéterminé, suivi de son photographe officiel (Robert Demontigny) pour réaliser une série de clichés dans la neige. Ajoutez un couple en voyage de noces et de nombreux clients qui ne veulent résolument pas dormir seuls ainsi qu’une compétition locale de ski et s’ensuit une suite de quiproquos, de batifolage, de galipote et de dilemmes amoureux.

Filmé dans les Laurentides, APRÈS SKI s’est bâti un solide statut de film culte. Pour certains, il y a une bande sonore aujourd’hui considéré comme « Le Saint Graal du funk québécois! » Pour d’autres, il y a un film qui, avec le décalage des années 70, a acquis une réelle réputation de film trash. Et pour cause, le film renferme des scènes érotiques pas très bandantes, des pratiques sexuelles étranges, une routine humoristique entre René Angélil et Pierre Label ainsi qu’une scène d’amour entre Janine Sutto et Roger Michael… Le jeu stoïque de Daniel Pilon rivalise avec les grimaces surfaites de Jacques Desrosiers en barman désinvolte. Le scénario rachitique n’existe que pour multiplier les scènes de frivolité. Alors que les dialogues frôlent souvent le surréalisme, le jeu complètement faux des comédiens laissés à eux-mêmes rend le tout irrésistible. Au début des années 70, les longs métrages québécois à caractère sexuel connaissaient une popularité sans précédent, notamment suite au succès de VALÉRIE et de DEUX FEMMES EN OR. Ces succès donnèrent lieux à la création de nombreux films de sexploitation. Alors que les productions de soft porn se multipliaient sur nos écrans, APRÈS SKI a fait l’objet d’un réel scandale dans la ville de Québec. En effet, la saisie des bobines du film suite à une pétition du curé Raymond Lavoie de la paroisse de Saint-Roch créa un engouement démesuré pour le film dans le reste de notre belle province. Le scénario fut même adapté en roman à succès. Le film sera traduit en anglais et en grec et distribué dans plusieurs pays. Vivement le rayonnement culturel!

— Marc Lamothe

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