Billets

Darktown Strutters ("Get Down and Boogie")

Voir la bande-annonce

Au cœur du ghetto de Watts, situé dans le South Los Angeles, débarquent les Darktown Strutters sur leurs superbes bolides à trois roues. Mené par Syreena, le groupe de compose de quatre amazones, toutes habitées d’une attitude à tout rompre. Vêtues de « jumpsuits » glam et de casques à plumes et paillettes, elles sillonnent les rues à la cherche de Cendrillon, la mère de leur leader. Après une embrouille avec des marines américains et des policiers racistes, elles tombent sur un gang de rue pas très dangereux, un groupe de motards voilés du Ku Klux Klan, secondé d’une armée d’hommes cochons et d’un chef aux allures de Colonel Sanders. Alors que des citoyens sans histoire des quartiers noirs disparaissent, Syreena s’associe à divers gangs pour combattre cette organisation suprématiste et ultimement enfin retrouver sa mère.

Cet ovni cinématographique affiche ses couleurs dès la citation d’ouverture : « Any similarities between this true adventure and the story Cinderella … is bullshit. » Aussi connu sous le titre de GET DOWN AND BOOGIE, DARKTOWN STRUTTERS ne se prend réellement pas au sérieux. Il se présente comme une comédie surréaliste, une bande dessinée colorée ou un dessin animé réalisé par Richard Lester. Le film affiche même une propension assumée à la comédie musicale dans des numéros d’ailleurs très divertissants. William Witney, un vétéran du serial et de la télévision, s’attaque à son premier long métrage de Blaxploitation à l’âge de 60 ans. Son film utilise tous les artifices, trucs et règles du vaudeville pour ce projet littéralement déjanté. De la poursuite en accéléré aux zooms intenses, tout y passe. Des enchaînements en iris aux transitions en prisme, tous les coups sont permis. Des looks les plus extravagants aux répliques les plus colorées, les acteurs s’en donnent à cœur joie. Et la musique, courtoisie de la mythique étiquette américaine Stax, assure un groove funky et soul à souhait. Mentionnons au passage le numéro musical du groupe The Dramatics et sa chanson What You See Is What You Get offerte dans un cachot au fond d'un sous-sol oublié. Dommage que tout ne colle pas dans cette production ambitieuse car toute la volonté du monde y est visiblement déployée. DARKTOWN STRUTTERS n’est pas pour tous les goûts et n’est pas toujours de bon goût. Sa rareté au fil des ans a contribué à la formation d’un culte autour de cette comédie pour le moins excentrique. Une rare pépite chérie pour certains, un monument d’inaptitudes pour d’autres - à vous de décider!

— Marc Lamothe

Sponsors
Sponsors