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Kabisera

Première Québécoise
  • Philippines
  • 2013
  • 101 mins
  • DCP
  • Tagalog
  • Anglais (sous-titres)
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“Beautifully written, tightly packaged and with a fine cast… a rare crime drama in which the human conflict is more gripping than the criminal mechanics” – Derek Elley, FILM BIZ ASIA

Père de deux enfants et criminel devenu pêcheur, Andres (Joel Torre) travaille d’arrache-pied, vivant dans un petit village côtier au nord du Grand Manille. Tentant du mieux qu’il peut de prendre soin de sa famille, un rêve prometteur le hante un matin. Baigné de lumière, il s’y voit, veillant sur une famille unie. Ce n’est pas exactement un reflet de la réalité : son fils cherche à poursuivre des études qu’il ne peut se permettre financièrement tandis que sa fille va bientôt se marier à un homme qu’il déteste. Tentant de réconcilier songe et réalité, il met son bateau à l’eau et deux boîtes de polystyrène flottent vers lui. Andres découvre qu’elles sont remplies de shabu : de la métamphétamine dont la valeur s’élève potentiellement à des millions de dollars. Sa femme Dindin (Bing Pimentel) le convainc à l’idée de vendre le tout, tandis qu’il implique son ami expérimenté Jose (Arthur Acuña) et réalise qu’avec l’argent vient plusieurs problèmes. Lorsqu’une tragédie frappe la famille et que des gangsters malaisiens s’en mêlent, Andres se rend compte que les répercussions de ses actes sont immensément plus catastrophiques que ce qu’il aurait pu imaginé. Et bien vite, le rêve de la nuit passée se transforme en cauchemar.

Gagnant du prix du jury au récent Cinema One Originals Film Festival et coproduit par Erik Matti, de l’acclamé ON THE JOB, KABISERA de Alfonso Torre offre une mouture intense et hautement émotionnelle de l’habituel thriller criminel philippin. Dans la lignée de la série télévisée à succès BREAKING BAD, Torre crée une étude de personnage poignante qui parvient à battre de ses propres ailes, malgré la trame narrative maintenant familière de l’homme ordinaire devenu baron de la drogue. Le film est propulsé par d’incroyables performances ainsi que par une direction photo onirique, à la fois précise et graveleuse, nous montrant les bas-fonds du crime philippin d’une façon nouvelle et intime. Des songes récurrents offrent une fenêtre sur la psyché en chute libre d’Andres et le premier indice de tragédie vient avec ce titre, « Kabisera », signifiant « chef de la table familiale ». C’est une position qu’Andres peine à maintenir tandis que son univers implose autour de lui, et dans le rôle, le vétéran Joel Torre s’avère extraordinaire, nuancé et touchant. Ayant pu être un bête film d’action, KABISERA est plutôt un des films de genre les plus puissants à émerger des Philippines dans les dernières années.

— Ariel Esteban Cayer

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