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Nerfs d'acier, gants de velours ("Bamboo Gods and Iron Men")

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Tenez-vous le pour dit : ce film ne contient aucun dieu de bambou et aucun homme de fer, mais il a tout ce qu’il faut pour passer un bon moment. BAMBOO GODS AND IRON MEN (titré en français NERFS D'ACIER, GANTS DE VELOURS) se veut un joyeux croisement entre la vague de Blaxploitation des années 70 et les films d’arts martiaux de la même époque, question d’exploiter le filon populaire tracé par ENTER THE DRAGON. À ce titre, le long métrage mélange la boxe, le kung fu, l’aïkido, le maniement maladroit des nunchakus et un curieux karaté que l’on ne retrouve que dans de mauvais films d’action. Il s’agit en effet ici du genre de film que l’on n’apprécie pas nécessairement pour la qualité ou l’ambition de sa production. Bien qu’entièrement et visiblement tourné au Philippines, l’action est réputée se partager entre Hong Kong et Manille. Le film est produit par Cirio H. Santiago (réalisateur et producteur de plus de 80 titres dont SAVAGE!, EBONY, IVORY & JADE et T.N.T. JACKSON) et réalisé par Cesar Gallardo, artisan à qui l’on doit plus de 75 films, presque tous oubliés dans la grande histoire du cinéma.

James Iglehart (un habitué des productions de Cirio H. Santiago) joue un aspirant champion de boxe de réputation internationale en voyage de noces avec son épouse à Hong Kong. Après avoir acheté un bouddha en bois dans une boutique de souvenirs, le boxeur sauve un chinois de la noyade au hasard d’une randonnée en barque touristique. Éternellement reconnaissant, le Chinois muet et maître des arts martiaux se dévoue dorénavant à suivre, aider et protéger son sauveur. Dieu merci, car des gangsters se retrouvent alors à poursuivre et malmener le couple pour lui voler la statuette de bois, qui semble cacher un secret datant de l’an 900 qui « entre des mains malveillantes pourrait détruire la Chine, voire même le monde ». Mais le protecteur muet et un couple de policiers maladroits viennent en aide au couple pour résoudre cette intrigue aux multiples rebondissements. Alors que James Iglehart et Shirley Washington forment un couple charismatique dont la chimie à l’écran sauve le film de bien des dialogues ahurissants, les autres acteurs offrent un jeu digne d’un mauvais porno des années 70. Le film regorge de chemises fleuries, de gros favoris, de répliques idiotes, de vilains de pacotille, d’effets sonores surréalistes, de musiques tantôt funky, tantôt issues d’une brasserie bavaroise sur l’acide, d’erreurs techniques flagrantes, de grimaces loufoques, de gags ratés et de chorégraphies approximatives. Bref, un plaisir garanti à qui sait apprécier de tels ovnis filmiques.

— Marc Lamothe

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