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The Man in the Orange Jacket

Première Internationale
  • Lettonie
  • 2014
  • 70 mins
  • HD
  • Letton
  • Anglais (sous-titres)
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Une rage collective l’habite. Son patron vient de fermer son havre et, comme ses centaines de collègues, il se retrouve sans emploi. Comme toujours, ce sont les pauvres qui paient tandis que les riches s’en sortent indemnes. Il n’en sera pas ainsi, pas cette fois. Vêtu de son uniforme de travail et armé de ses outils, il s’infiltre une nuit dans l’immense résidence de son patron, qu’il abat froidement. La magnifique conjointe de ce dernier connaît un destin similaire. Justice est faite. Une fois les corps cachés dans le sous-sol, l’homme au veston orange peut enfin profiter de sa victoire. À lui la vie de pacha, les grands restaurants, les escortes et les voitures de luxe. Pour y arriver, il lui suffit d’emprunter l’identité de sa victime. Son bonheur ne sera pourtant que de courte durée. Au moment où il profite enfin de sa nouvelle existence, des bruits étranges viennent troubler son sommeil. Sa quiétude est également dérangée par l’intrusion d’un personnage étrange. Et que dire de cette silhouette menaçante qui l’épie de loin, cet individu silencieux qui observe ses moindres gestes? Un angoissant délire débute au même moment où la paranoïa envahit l’homme au veston orange. Musique!

Prenez tout de suite en note le nom d’Aik Karapetian, un cinéaste arménien qui signe avec THE MAN IN THE ORANGE JACKET le drame d’horreur le plus révolutionnaire de l’année. En s’inspirant de Lars von Trier, l’élève dépasse le maître avec un slasher audacieux qui critique avec intelligence la lutte entre les classes économiques. Finement réalisé, ce film surprenant réussi également à créer une peur sourde qui hante l’esprit et refuse de lâcher prise. Les craintes du personnage titre deviennent rapidement les nôtres alors que l’œuvre bascule sournoisement vers un absurde délicieusement kafkaïen. Chaque nouvelle scène apporte sa dose de frissons et nous entraîne dans une atmosphère glauque digne des pires cauchemars. Croyez-nous sur parole, THE MAN IN THE ORANGE JACKET égale LOST HIGHWAY de David Lynch grâce sa capacité à métamorphoser le quotidien en un univers faussement familier où les repères s’effritent et font place à une inexplicable terreur. Il comporte également plusieurs scènes d’une violence d’un réalisme insoutenable qui, par leur dureté, rappelle le cinéma de Bruno Dumont. Pour tous ceux qui pensent que le genre de l’épouvante est inapte à se réinventer, THE MAN IN THE ORANGE JACKET s’impose comme une réponse provocante et inoubliable qui, comme ACROSS THE RIVER l’année dernière, n’oublie rien de ses racines. Il mérite amplement sa place dans le panthéon des prodiges.

— Simon Laperrière

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