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Bag Boy Lover Boy

Première Mondiale
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En présence du producteur Ziyad Saadi et réalisateur Andres Torres

« Les jolies filles sont gentilles. » Pratiquement autiste, Albert (Jon Wachter) vend des hot dogs sur les trottoirs de Manhattan et, qui plus est, il se tape le quart de nuit. L’un des bizarres avantages de ce boulot, c’est qu’on y rencontre toutes sortes d’individus colorés et le photographe de nu Ivan Worthington (Theodore Bouloukos) n’est pas des moindres. Ivan est aussitôt fasciné par l’irrémédiable étrangeté d’Albert, au point de lui offrir un emploi dans son studio, où il lui promet de l’initier à la photographie. Mais Ivan a d’autres idées en tête : il souhaite prendre Albert comme modèle dans une série de photos érotiques extrêmes (!) et exploiter la gaucherie du pauvre type afin d’être lui-même acclamé comme une nouvelle version de Diane Arbus. Albert, de son côté, est impressionné par le pouvoir que suscite une caméra et il aspire à contrôler de belles femmes en les faisant poser pour lui. Son mentor le guide lors des séances de pose, mais les modèles potentiels éprouvent beaucoup de mal à interagir avec quelqu’un d’aussi maladroit socialement que lui. Albert est un authentique sociopathe et bientôt, on découvre aussi qu’il a certaines petites tendances meurtrières plutôt graves.

Un fond de Paul Morrissey, un soupçon d’Andy Milligan, un peu de Richard Kern et une bonne dose d’Abel Ferrara aux temps de DRILLER KILLER : voici à quoi vous fera penser ce film inclassable, graveleux, comme une espèce de retour à la belle époque révolue du cinéma underground new-yorkais. BAG BOY LOVER BOY nous fait voir les bas-fonds d’une médiocrité subversive et regorge de personnages assez peu communs et de situations magnifiquement mal fichues. On balance par la fenêtre les normes classiques du cinéma d’exploitation, remplaçant le tout par un dédain généralisé de la nature humaine et un mépris pour les artistes cherchant à obtenir des positions d’influence. Dans le rôle d’Albert, Jon Wachter est l’une des présences les plus excentriques jamais vues au grand écran. D’ailleurs, nombre de personnages qui apparaissent dans le film ne figuraient pas dans le scénario et ont simplement été rajoutés en se basant sur des acteurs inusités qui se présentèrent aux auditions. C’est un premier long métrage pour le réalisateur Andres Torres, qui pose son regard neuf sur un milieu usé jusqu’à la corde. BAG BOY LOVER BOY est inconfortable, mais aussi rempli d’humour noir, un sang toxique courant dans ses veines gonflées à bloc. Nous sommes fiers d’inaugurer notre nouvelle section Fantasia Underground avec cette œuvre inspirée.

— Mitch Davis

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