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The Fake ("Saibi")

Première Québécoise
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GAGNANT : Meilleur scénario, Fantasporto 2014
GAGNANT : Prix Anima't Festival international du film fantastique de Sitges 2014
GAGNANT : Meilleur long métrage d'animation, Asian Pacific Screen Award 2013
Sélection officielle, Festival international du film de Toronto 2013
Sélection officielle, Festival international du film de Busan 2013
Sélection officielle, Fantastic Fest 2013

"A finely crafted and absorbing film that offers a stark and tough insight into modern South Korea" – Mark Adams, SCREEN DAILY

Dans un village voué à disparaître submergé afin qu'on érige un barrage, les citoyens s'apprêtent à partir avec la compensation offerte pour leur délocalisation. Le contexte est parfait pour que le nouveau pasteur Sung et un homme d'affaires charismatique nommé Choi exhortent les villageois à se tourner vers Dieu en offrant une partie de cette somme pour la construction d'une chapelle. Il l'est moins pour le retour de Min-chul, un bon à rien violent et agressif au vocabulaire ordurier qui revient tourmenter sa famille. Aussitôt rentré, il vole les économies de sa fille et part s'offrir une soirée de vices qui le mène rapidement à une violente confrontation avec Choi, puis au poste de police, où il croit reconnaître l'homme d'affaires sur une affiche illustrant des individus recherchés pour fraude. Dès lors, une lutte sans merci s'engage et tous les villageois en feront les frais. Car Min-chul a raison : Choi s'avère être un fraudeur notoire qui manipule le bon pasteur afin de s'approprier les économies des citoyens à coups de miracles bidon et de sermons enflammés. Toutefois, qui croira ou appuiera un être foncièrement vil comme Min-chul? Lorsque le mal affronte le mal dans un village devenu aveuglément pieux, il ne peut y avoir que des martyrs.

Après avoir raflé le tout premier Prix Satoshi Kon et une Mention spéciale du jury premier film à Fantasia 2012 pour THE KING OF PIGS, une œuvre percutante abordant la lutte des classes et le harcèlement, Yeon Sang-ho nous revient avec le non moins troublant THE FAKE. Armé de son style d'animation incomparable basé sur le réalisme et les émotions, que l'auteur transforme en pulsions quasi animales tant les traits de ses personnages se déforment par la rage, la peur ou le désespoir, Yeon expose les recoins obscurs de la nature humaine à travers des enjeux sociaux et moraux qui nous touchent irrémédiablement. Avec THE FAKE, il s'attaque à la corruption, aux politiques coréennes de délocalisation favorisant le progrès au détriment des individus et au côté sombre de la religion. Si la critique est virulente et le ton brutal, l'auteur ne manque jamais d'empathie et orchestre un crescendo dramatique qui nous absorbe sans lâcher prise jusqu'à son dernier acte explosif qui ne laissera personne indifférent. Grâce à la puissance de son écriture, à l'acuité de son propos et à son style unique, Yeon Sang-ho confirme sa place parmi les grands du cinéma d'animation contemporain.

— Nicolas Archambault

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