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When Animals Dream ("Nar dyrene drommer")

Première Nord-Américaine
  • Danemark
  • 2014
  • 84 mins
  • DCP
  • Danois
  • Anglais (sous-titres)
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Sélection officielle, Semaine de la critique, Cannes 2014

“A sensitive coming-of-age story with a high body count and a dash of hot werewolf sex” - Stephen Dalton, HOLLYWOOD REPORTER

Elle a de splendides cheveux blonds et un regard perçant qui semble dissimuler un secret. Son nom est Marie. Elle habite un petit village de pêcheurs situé au cœur de nulle part. Timide, elle mène une existence solitaire et quitte rarement la résidence qu’elle partage avec ses parents. Son temps est principalement consacré à prendre soin de sa mère, une femme malade au point de ne plus pouvoir prononcer le moindre mot. Marie ignore de quoi elle souffre puisque son père refuse obstinément d’aborder le sujet. Elle a néanmoins remarqué que la simple vision de cet être chétif condamné à une chaise roulante dérange profondément les villageois. Lorsque vient le temps de payer sa part du loyer, Marie se déniche un emploi dans une usine de transformation du poisson. Elle y rencontre des collègues hostiles, mais également un joli garçon pour qui elle a le béguin. Marie est après tout à l’âge des premiers amours et son corps connaît de grands changements. D’étranges poils recouvrent sa peau. Sa dentition comporte désormais des canines tranchantes. La colère éveille en elle une force physique exceptionnelle. La belle devient une bête. Cette curieuse transformation confirme les pires craintes de Marie. Elle porte en elle le bagage génétique de sa mère et perd tranquillement toute trace d’humanité. Cette transformation effrayante attire sur elle la rage meurtrière de son entourage. Son père, qui a toujours tenté de la protéger, ne peut plus rien pour elle. Marie est seule, mais elle abattra ceux qui osent l’affronter.

Après le succès de Fantasia qu’a été le film suédois LET THE RIGHT ONE IN en 2008, c'est au tour du Danemark de proposer une nouvelle relecture d’une figure majeure du cinéma fantastique. En s’éloignant des codes du film de loup-garou classique, le réalisateur Jonas Alexander Amby fait de la lycanthropie la métaphore idéale de la puberté. Plus qu’un simple film d’épouvante, le magnifique WHEN ANIMALS DREAM est un drame bouleversant sur l’adolescence mettant en scène une jeune fille vulnérable qui traverse une inévitable étape de transition avec difficulté et effroi. La vocation ouvertement sociale de ce premier long métrage ne l’empêche pourtant pas de générer la peur. Marie, que la non-professionnelle Sonia Suhl interprète avec brio, est un personnage ambigu qui attire autant de crainte que de sympathie. Les scènes où la créature qui sommeille en elle prend le dessus sont parmi les plus saisissantes que vous verrez cette année. Acclamé lors du dernier Festival de Cannes, WHEN ANIMALS DREAM est une œuvre d’une rare puissance qui rejette les conventions pour poser un regard évocateur sur notre propre monstruosité.

— Simon Laperrière

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