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The Satellite Girl and Milk Cow ("Wuribyeol Ilhowa Eollukso")

Première Nord-Américaine
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“An explosion in sheer imagination, a triumph of mad creativity” William Schwartz, HAN CINEMA

Orbitant au-dessus de la Corée depuis plusieurs années déjà, le satellite d’observation KITSAT-1 écoute et regarde les humains, et commence à se demander, après tout ce temps, ce que c’est que cette chose appelée « l’amour ». Sa curiosité le pousse à redescendre de son propre gré dans la stratosphère et, une fois au sol, à assumer la forme d’une mignonne petite cyborg nommée Il-ho. Au même moment ou peu s’en faut, le malheureux Kyung-chun, un musicien plutôt médiocre, s’est fait plaquer par sa pétulante petite amie et s’est vu métamorphosé en animal (une vache) – car cette transformation est le châtiment des cœurs brisés. Kyung-chun est pourchassé par un affreux revendeur d’organes armé d’un débouchoir à toilette magique et capable de se téléporter; ce vilain écoule sur le marché noir les foies des pauvres animaux victimes d’une peine d’amour. L’Incinérateur, un monstrueux robot-fournaise, poursuit également Kyung-chun sans relâche. Mais un allié providentiel vole au secours de notre héros bovin, et ce sauveur n’est autre que le grand sorcier Merlin, lui-même transformé en rouleau de papier hygiénique – non, ne demandez pas pourquoi ni comment, c’est trop embarrassant comme histoire…

Kyung-chun retrouvera-t-il forme humaine? Il-ho survivra-t-elle à l’avarie mécanique qui la guette? Est-ce que leurs deux cœurs arriveront à battre de concert? Et aussi, pourquoi le chien est-il en train de laver la vaisselle? Et puis, sérieusement, c’est quoi cette histoire avec Merlin?!

Les précédents courts métrages animés du scénariste et réalisateur Chang Hyung-yun ont fait tourner plusieurs têtes, mais son premier long métrage est littéralement étourdissant. S’étant emparé d’un thème récurrent du cinéma d’animation asiatique – des mésadaptés vivant une romance fantastique –, il le réinvente et le retourne dans tous les sens. L’univers imaginaire de Chang doit autant à Adult Swim qu’aux Japonais Miyazaki et Tezuka : des gags audacieux, savoureux, jamais trop faciles, et bien sûr, un surréalisme pince-sans-rire qui arrive à maintenir une cohésion remarquablement logique dans cette absurdité triomphante. Après nous avoir délectés d’une véritable vague de dessins animés gentils et « pour toute la famille », voici que la Corée du Sud arrive avec une poignée de films d’animation « pour les autres ». Aux côtés de THE FAKE et THE CUSTOMIZED PLAY, THE SATELLITE GIRL AND MILK COW porte haut l’étendard de l’originalité sud-coréenne, dont la voix, assurée et vivifiante, est de plus en plus reconnaissable dans le monde de l’animation.

— Rupert Bottenberg

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