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Real ("Riaru")

Première Québécoise
  • Japon
  • 2013
  • 126 mins
  • DCP
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
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“Kurosawa remains a high priest of the eerie and unexplainable” - Chris Cabin, SLANT

« Le film d'un immense poète, et un très grand film sur l'imaginaire. » - Nicolas Bardot, FILM DE CULTE

Dans un futur proche, serein mais d’une froideur clinique et où tout semble subtilement sur le point de s’écrouler, une technologie expérimentale a été développée, qui permet d’accéder au subconscient de proches dans le coma. Koichi (Takeru Sato de RUROUNI KENSHIN) a recours à cette technologie lorsque Atsumi (Haruka Ayase), son amante de longue date, tombe dans un coma à la suite d’une tentative de suicide inexplicable. Une fois sur place, Koichi espère découvrir ce qui l’a menée au suicide, mais découvre plutôt qu’elle est prisonnière d’une boucle de préoccupations face à ses échéanciers en tant d’illustratrice de mangas d’horreur et qu’elle est par ailleurs obsédée par un dessin d’enfance égaré représentant un plésiosaure. De plus, ses créations terrifiantes y prennent vie et d’étranges projections d’êtres humains, des « zombies philosophiques », y rôdent. Son subconscient se dévoile comme un monde dont les limites sont brumeuses et où de curieux phénomènes météos abondent; un monde psychique semblant s’écrouler de plus en plus avec chaque visite et dont les visions, tôt ou tard, commencent à s’infiltrer dans la réalité.

Si la prémisse rappelle VANISHING WAVES (2011), ce n’est qu’en surface car REAL s’avère typiquement Kurosawa à tous les égards : un film dans lequel le monde du subconscient devient un labyrinthe digne d’Escher et un enfer dantesque bondé d’esprits. Si l’univers qui est présenté ici est aussi vaste que ses films précédents étaient claustrophobes, cela permet à la mise en scène de Kurosawa de prendre en ampleur et d’être plus menaçante que jamais. Il nous offre ici une réponse lumineuse au J-horror et aux rêves éveillés de l’apocalypse qu’étaient les chefs-d’œuvre CURE et CHARISMA, le tout par le biais d’un mélodrame de science-fiction. L’incontournable Joe Odagiri, le « character actor » Yutaka Matsushige (IT’S ME, IT’S ME) et le nouveau venu imparable Shota Sometani (HIMIZU, LESSON OF THE EVIL) complémentent la distribution. Avec REAL, Kurosawa crée certaines des plus belles images de son œuvre, à la fois étranges, surréelles et vibrant d’une superbe artificialité où subconscient et réalité deviennent méconnaissables.

Du récit de fantôme psychologique au drame de jeunesse, REAL est une épopée labyrinthique où les rayons du soleil ne sont aperçus qu’au travers d’épais nuages. Comme Koichi et Atsumi, nous vous invitons à vous perdre, dans un film qui reste à l’esprit bien longtemps après le générique.

— Ariel Esteban Cayer

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