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Ugly

Première Canadienne
  • Inde
  • 2013
  • 128 mins
  • DCP
  • Hindou
  • Anglais (sous-titres)
Voir la bande-annonce
Sélection officielle, Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2013

“Compulsively watchable, thrilling, darkly funny and extremely well-directed” – BRIAN CLARK, TWITCHFILM

« Cruel, noir, violent et labyrinthique… un diamant noir qui ne devrait pas passer inaperçu » – Nicolas Gilli, FILMOSPHERE

Rahul (Rahul Bhat) a un droit de visite avec sa fille de 10 ans, qu’il est supposé voir tous les samedis. Son ex-femme Shalini (Tejaswini Kolhapure) est maintenant mariée à Bose (Ronit Roy), un chef de police contrôlant qui rend sa vie misérable : il écoute ses appels téléphoniques et la contraint à rester chez elle en tout temps. À quelque secondes près de s’enlever la vie, Shalini est interrompue par sa fille, qui lui réclame son père. Rahul est en retard, fidèle à son habitude. Cet aspirant acteur est un homme égocentrique et tête en l’air au possible. Lorsqu’il arrive enfin, il emmène Kali se promener en voiture, mais l’ignore complètement pour prendre des appels, s’arrêtant même en chemin pour une audition. La laissant dans la voiture, il sort rejoindre son agent Chaitnya (Vineet Kumar Singh) et, lorsque les deux hommes reviennent quelques moments plus tard, Kali n’y est plus… Elle a été kidnappée. Au poste de police, ils sont reçus avec dérision et dans l’indifférence totale. Pire : lorsque Bose apprend la situation, il ordonne que Rahul soit torturé, l’accusant d’avoir orchestré le kidnapping lui-même. Ce dernier arrive à s’échapper et s’amorce alors un concours de surenchère complètement absurde et stérile. Tandis que les egos démesurés de ces hommes s’heurtent à des impasses, les jours s’écoulent et Kali demeure introuvable…

Connu pour le film culte DEV.D et pour THE GANGS OF WASSEYPUR, son récent opus de plus de 5 heures(!), Anurag Kashyap nous revient ici avec un polar urbain absolument dévastateur, dont le titre est à prendre très au sérieux. En effet, UGLY est peuplé de salauds de toutes sortes; des gens désespérés, égoïstes et manipulateurs, dans un film qui se présente comme l’opposé total (et peut-être même l’antidote) de la grandiloquence colorée et égayée du Bollywood conventionnel. La palette de couleurs expressive – des bleus agressants et des jaunes profonds et oppressants – en font une expérience stylisée, voir expressionniste, tout en restant réaliste et terre à terre. Le film de Kashyap prend par conséquent la forme d’une descente hallucinée dans les bas-fonds de la dépravation humaine. Nous lançant au centre d’une intrigue sinueuse qui semble peu susceptible d’avoir une fin heureuse, Kashyap couvre habilement ses traces et installe constamment le doute chez le spectateur. Au final, c’est cette confrontation d’egos – un portrait d’une violence systémique propre à l’Inde ainsi qu’une critique d’un patriarcat complètement inepte – qui est mise de l’avant, dans un superbe thriller coup de poing, complètement inoubliable.

— Ariel Esteban Cayer

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