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Seventh Code ("Sebunsu kodo")

Première Canadienne
  • Japon
  • 2013
  • 60 mins
  • DCP
  • Japonais / Russe / Anglais
  • Anglais (sous-titres)
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GAGNANT : Prix de la mise en scène et Prix de la meilleur contribution technique, Festival international de Rome 2013

Une jeune femme avec une grosse valise arpente nerveusement les rues du village portuaire de Vladivostok en Russie. D’origine japonaise, la dénommée Akiko (Atsuko Maeda, une ancienne membre de la sensation musicale AKB48) fait figure d’étrangère dans une contrée étrange puisqu’elle ne parle pas la langue du pays. Son seul point de repère est Matsunaga (Ryohei Suzuki, GATCHAMAN et HK: FORBIDDEN SUPER HERO), un homme qu’elle n’a croisé qu’une seule fois à Tokyo il y a à peine un mois. Lorsqu’elle le retrouve enfin, il affirme ne pas la reconnaître et l’abandonne en lui conseillant de ne faire confiance à personne. Cet avertissement s’avère fondé puisque quelques heures plus tard, la pauvre Akiko est enlevée par des gredins qui la dépouillent de ses bagages et de son passeport. Complètement démunie, elle échoue dans un restaurant japonais et y fait la rencontre du propriétaire de l’établissement et de sa femme. Sensibles aux désarrois de la voyageuse, ces derniers l’accueillent à bras ouverts en lui offrant emploi et logis. Ils acceptent même d’aider Akiko à retrouver Matsunaga, avec qui elle a un mystérieux compte à régler. Ces recherches les mèneront à pénétrer dans un sinistre univers d’espionnage international qui recèle maintes surprises mortelles.

Pour les mêmes raisons qui poussèrent Hitchcock à interdire l’entrée aux spectateurs ayant manqué le début de PSYCHO, nous garderons sous silence le dénouement inattendu de SEVENTH CODE, le premier film de Kiyoshi Kurosawa tourné en dehors du Japon. Après un détour inattendu vers le drame familial avec l’immense TOKYO SONATA, l’habitué de Fantasia continue de surprendre ses spectateurs en s’attaquant cette fois-ci au genre du thriller. Ne vous attendez surtout pas à un BOURNE IDENTITY avec fantômes chevelus puisque SEVENTH CODE traite d’abord et avant tout de la peur de l’inconnu. Lors du visionnement, nous devenons l’égal d’Akiko, une femme déboussolée par un environnement menaçant dont elle ignore tout de la culture. Seule la générosité d’un restaurateur pourra lui venir en aide, ce qui donne à Kurosawa l’occasion d’explorer la complexité de la nature humaine avec la même acuité que l’illustre maître avec qui il partage le nom. En fin renard, le réalisateur de REAL s’amuse également à briser les attentes grâce à une étonnante rupture qui nous fait chavirer vers un autre film, dans un monde quasi-surréaliste où les faibles deviennent de redoutables adversaires. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il dévoile un talent caché pour la chorégraphie de combat, mais nous n’en dirons pas plus. SEVENTH CODE est un joyau de créativité que seul l’esprit fantasque de Kiyoshi Kurosawa pouvait concevoir!

— Simon Laperrière

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