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Uzumasa Limelight

Première Canadienne
  • Japon
  • 2014
  • 103 mins
  • DCP
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Voir la bande-annonce

« Un jour, j’espère te tuer à nouveau. » De gentilles et senties paroles de la part de la vedette d’une émission de télévision japonaise, retirée des ondes après 40 ans, alors qu’elle s’adresse à son collègue Kamiyama. Pendant des décennies, Kamiyama a gagné sa vie en tant que kirare-yaku. Plus qu’un figurant, un kirare-yaku est aussi essentiel que n’importe quel héros ou vilain dans le chanbara, le genre regroupant les films et les séries de cape et d’épée au pays du soleil levant. La tâche du kirare-yaku est de « se faire couper », c’est-à-dire d’être tué par une épée d’une façon adéquatement cinématographique. Kamiyama est une légende dans les Studios Uzumasa de Kyoto, mais son étoile, aussi petite qu’elle ait toujours été, a pâli. Le studio se débarrasse de sa vieille série et s’il daigne de se frotter à nouveau au jidaigeki, ou drame historique, ce sera sous la forme de clinquantes et ridicules œuvres de pacotille pour adolescents, avec des combats à l’épée ajoutés numériquement après le tournage. Relégué à se donner en performance quotidiennement dans le parc thématique du studio, le vieux et stoïque Kamiyama a une jeune admiratrice — Satsuki, une adolescente qui croit encore aux valeurs traditionnelles du chanbara et qui recherche les conseils de Kamiyama afin de maîtriser les techniques qui sont en train de disparaître des écrans.

Une histoire drôle, touchante, sobre, mais instructive à propos de l’amitié, de la dignité et de l’appréciation de ce qui est venu auparavant, le récit simple et même familier au cœur d’UZUMASA LIMELIGHT — le maître et l’élève, le changement des façons de faire — est raconté avec tendresse et authenticité. Ceci est aussi vrai de l’objectif ultérieur du film, soit de révéler le fonctionnement interne de l’industrie japonaise du divertissement populaire, lors de son âge d’or et sous sa nouvelle forme post-millénaire. La star d’UZUMASA LIMELIGHT, Seizo Fukumoto, est le choix parfait pour ce rôle — il est lui-même un kirare-yaku de longue date, avec une filmographie qui se lit comme un résumé de l’histoire du cinéma d’action et d’imagination japonais. Ayant fait ses débuts en tant que ninja dans le classique tokusatsu de 1966 THE MAGIC SERPENT, Fukumoto est apparu par la suite dans de tels bijoux du film de genre que THE STREETFIGHTER (1974),LEGEND OF EIGHT SAMURAI (1983) et d’innombrables autres. Avec ce rôle très autoréférentiel au crépuscule de sa carrière, Fukumoto rejoint le réalisateur Ken Ochiai (THE TIGER MASK) dans un périple nostalgique dans les coulisses d’une des plus merveilleuses cultures cinématographiques du monde.

— Rupert Bottenberg

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