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Monsterz ("Monsutazu")

Première Canadienne
  • Japon
  • 2014
  • 111 mins
  • DCP
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Voir la bande-annonce

1993. Un père enragé s’en prend à sa femme, tentant de la convaincre d’abandonner leur fils, qu’il qualifie d’abomination. L’abomination en question observe la scène de tout près et la violence déployée contre sa mère déclenche ses inquiétant pouvoirs : l’habileté de contrôler l’esprit d’un simple regard. L’enfant mène son père à l’extérieur, où celui-ci s’écroule, forcé de casser sa propre nuque. 20 ans plus tard, l’enfant est devenu un criminel sociopathe, reclus et nanti (Tatsuya Fujiwara, vu dans SHIELD OF STRAW et DEATH NOTE), volant des banques comme bon lui semble et forçant des gens au suicide pour le plaisir de la chose. Lorsqu’il rencontre par hasard le jeune déménageur Shuichi Tanaka (Takayuki Yamada, vu dans THE MOLE SONG, GANTZ et CROWS ZERO), il découvre un jeune homme sociable et enjoué… qu’il ne peut contrôler. Effrayé pour la première fois, il orchestre un accident mortel qui envoie Tanaka à l’hôpital, où il se remet spectaculairement de ses blessures. La fascination du sociopathe ne fait que grandir. En Tanaka, il trouve un ennemi qu’il prendra grand plaisir à affronter. S’attaquant immédiatement aux amis proches de Tanaka, la confrontation devient rapidement une affaire personnelle… D’autant plus que Tanaka y découvre ses propres habiletés.

Si l’intrigue semble familière, c’est parce que le réalisateur culte Hideo Nakata (RINGU, DARK WATER, L: SAVE THE WORLD) nous offre avec MONSTERZ un remake du film sud-coréen HAUNTERS (2010). N’ayez crainte, cependant, car il s’agit du très rare exercice de redite à chercher à innover vis-à-vis de son prédécesseur. Nakata y augmente l’intensité d’un cran et complémente le ton de comic book révisionniste (à la UNBREAKABLE) de sa propre sensibilité, retenant des éléments clés de sa mise en scène de l’horreur. De plus, Nakata explore davantage les possibilités de cette prémisse qui, de scène en scène, se prête à des situations de contrôle d’esprit complexes et superbement chorégraphiées. Le tout culmine en une finale époustouflante, bien plus efficace que la simple poursuite en voiture de l’original. Tatsuya Fujiwara et Takayuki Yamada offrent un duel enlevant; deux tête d’affiches opposées faisant aisément compétition à Gang Dong-won et Ko Soo. (Nakata a d’ailleurs préparé son équipe avec le visionnement de HEAT de Michael Mann – telle est l’ampleur de la confrontation). À la hauteur de l’original et plus encore, MONSTERZ nous montre Nakata s’éloigner d’un genre dont il a été le pionnier. Voici un film de super-héros moderne et sans costumes qui saura divertir les fans du réalisateur comme les nouveaux venus.

— Ariel Esteban Cayer

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