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The Midnight Swim

Première Mondiale
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Première mondiale, en présence de la réalisatrice Sarah Adina Smith, du directeur photo / coproducteur Shaheen Seth et des producteurs Jonako Donley et Mary Pat Bentel

Un voyageur mené à croiser Spirit Lake n’y apporterait pas la moindre attention. Il s’agit d’un lac magnifique qui ne se démarque pourtant pas des autres au premier regard. Sa particularité se trouve enfouie dans ses eaux, bien loin de la lumière du soleil. Spirit Lake est anormalement creux, à un point tel que personne n’a jamais réussi à atteindre son fond. L’excentrique Dr. Amelia Brooks a consacré plusieurs années de sa vie à tenter de percer cet insondable mystère. Son terrain de recherche est tristement devenu son tombeau puisqu’elle n’est pas remontée à la surface lors de sa dernière et fatale plongée d’exploration. Peu de temps après sa disparition tragique, ses filles Annie, June et Isa prennent la route vers Spirit Lake. Elles y retrouvent leur maison familiale, mais également des souvenirs parfois pénibles, les marques indélébiles de leur relation conflictuelle avec leur mère. Artiste dans l’âme, June, la benjamine du trio, profite de l’occasion pour archiver maladivement les moindres gestes de ses frangines. Sa caméra enregistre les tensions entre Annie et Isa, tout comme elle filme ces curieux événements qui se produisent depuis cette soirée où, à la blague, les sœurs Brooks ont invoqué les esprits de sept femmes mortes noyées dans Spirit Lake. Un geste lourd de conséquences qui laisse croire qu’elles ont éveillé une présence maléfique qui, après avoir enlevé leur mère, tente désormais de les ensorceler.

En nous transportant dans un lieu hanté par le surnaturel, l’envoûtant THE MIDNIGHT SWIM prend l’allure d’une valse nocturne avec l’inconnu. Une atmosphère fantasmagorique à la PICNIC AT HANGING ROCK s’émane de ce brillant premier film où le réalisme de l’image documentaire dissimule un monde invisible et féerique. Le sous-genre surexploité du « found footage » se voit d’ailleurs abordé sous un nouvel angle bienvenu. Il se présente, mis à part lors de réjouissantes expérimentations, à son degré zéro, dénué d’effets tape-à-l’œil qui empêcheraient le drame de l’emporter sur la mise en scène. Il en va de même pour le fantastique que la cinéaste Sarah Adina Smith garde en retrait afin de porter notre attention sur le touchant récit bergmanesque de trois femmes confrontées à un passé avec qui elles tentent de faire la paix. Cette approche similaire à TOAD ROAD génère un trouble entre la croyance au folklore et la folie grandissante de June (l’épatante Lindsay Burdge), un personnage énigmatique, mais attachant. Tel un conte ancestral raconté sous un ciel étoilé, THE MIDNIGHT SWIM vous captivera comme aucun autre long métrage cet été. Laissez-vous emporter par les courants imprévisibles de Spirit Lake.

— Simon Laperrière

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