Billets

White Bird in a Blizzard

Première Canadienne
Voir la bande-annonce
Sélection officielle, Festival international du film de Sundance 2014

“A bitterly ironic critique of American suburbia” - Don Simpson, FILM THREAT

“A heady and intoxicating viewing experience” - Chase Whale, THE PLAYLIST

Personne ne saurait résister au réconfortant sourire de la mère de Kat. Femme au foyer exemplaire, Eve forme avec son mari et leur fille l’exemple même de la famille idéale. Ils semblent tout avoir pour eux : un couple uni, la jolie maison avec piscine, la voiture, des électroménagers de dernier cri. Un environnement de banlieue confortable dans lequel Kat a grandi et où elle a développé une troublante fascination envers l’être impénétrable qu’est Eve. Depuis un certain temps, l’adolescente a découvert une facette de sa mère qu’elle n’avait jamais remarquée auparavant. Elle la trouve évasive, ses nombreuses sautes d’humeur laissant présager un profond mal de vivre. Kat se demande même pourquoi Eve ne fuit pas cette routine qui l’ennuie et cette vie conjugale dans laquelle elle étouffe. Elle aborderait le sujet si elle-même n’était pas en plein questionnement. Kat, après tout, traverse une période de transition importante dans la vie d’une jeune femme. Son corps change, elle connaît l’euphorie du premier amour et rien ne l’intimide plus que l’avenir. Arrive alors ce jour fatidique où son quotidien bascule. Sans crier gare, sa mère disparaît. Au départ, Kat croit fermement qu’Eve a eu le courage de prendre la fuite pour entamer une nouvelle existence. Un doute s’empare d’elle lorsque d’étranges rêves viennent perturber ses nuits. Elle y voit sa mère l’appeler à l’aide, exactement comme le ferait un individu confronté à un grave danger.

Après avoir épaté la galerie avec l’explosif KABOOM, le maître du cinéma indépendant Gregg Araki continue de surprendre avec WHITE BIRD IN A BLIZZARD, une adaptation élégante du roman éponyme de Laura Kasischke. Il fait ici preuve d’une étonnante retenue en plongeant dans le drame intimiste d’une adolescente dépassée par un événement tragique. Sensible arpenteur de l’âme (souvenez-vous de MYSTERIOUS SKIN), il dépeint avec poésie les tourments et les inquiétudes associés au passage à l’âge adulte. Sa représentation de cette étape initiatique touche droit au cœur parce qu’elle met de l’avant des émotions authentiques. Dans le rôle de la mère disparue, l’excellente Eva Green délaisse son image de femme fatale en faisant preuve d’une fragilité attendrissante. Face à elle, Shailene Woodley (THE FAULT IN OUR STARS) interprète Kat avec un naturel confondant. Porté par de superbes séquences oniriques, WHITE BIRD comporte également une dimension policière qui se développe sournoisement dans un cadre domestique. La banlieue chez Araki est pareille à celle de BLUE VELVET, un lieu faussement tranquille qui dissimule d’inavouables secrets. Avec son admirable direction artistique, ce film éblouissant tient du miracle et confirme le génie de son auteur.

— Simon Laperrière

Sponsors
Sponsors