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The Reconstruction of William Zero

Première Mondiale
Première mondiale, en présence du réalisateur Dan Bush

Conal Byrne joue le rôle du scientifique William Blakely, un homme complètement absorbé par son travail de laboratoire – tellement absorbé qu’il en devient distrait et qu’il est victime d’un tragique accident. Des années plus tard, sortant d’un long coma, William souffre d’une amnésie totale. C’est son frère jumeau qui s’occupe de lui (un personnage également interprété par Byrne). William doit absolument tout réapprendre : comment on mange un bol de céréales, comment on réagit à une farce du genre « qui est là? », en plus de vouloir aussi se familiariser avec son propre passé. Il développe une fascination pour Jules (Amy Seimetz), l’épouse qu’il a quittée. Mais à un certain point, il faut bien lui raconter les épisodes plus déplaisants de son existence oubliée. Brusquement, William comprend que son frère et lui ne sont pas tout à fait ce qu’ils semblent être (et le spectateur le comprend en même temps).

Le réalisateur Dan Bush faisait partie du trio qui nous donna THE SIGNAL, présenté à Fantasia en 2007. Son premier long métrage en solo est un casse-tête cinématographique dans lequel on ne saurait dire d’emblée combien de pièces il peut y avoir. AJ Bowen et Scott Poythress, qui étaient dans THE SIGNAL, tiennent des rôles secondaires dans THE RECONSTRUCTION OF WILLIAM ZERO. Quant à Amy Seimetz (YOU’RE NEXT, THE SACRAMENT), une coqueluche du cinéma indépendant qui joue souvent aux côtés de Bowen, elle livre ici une performance bouleversante en tant que Jules, l’épouse délaissée qui pourtant aime encore son mari. Mais c’est décidément Byrne qui porte le film sur ses épaules. En plus d’être coscénariste, il doit jouer face à lui-même, et il réussit à rendre cet exploit tout à fait naturel, en mettant de subtiles nuances dans chacun de ses deux rôles.

Bush plonge une seconde fois dans le côté obscur de la science-fiction, mais il s’attaque aussi aux complexités émotionnelles et à d’autres questions d’identité ou de moralité, avec pour résultat que son film est autant une étude de personnage qu’un thriller. L’atmosphère est tendue, car plus un secret est menacé d’être révélé, plus ceux qui le protègent risquent d’avoir recours à la violence. Tourné dans les paysages neigeux de la Géorgie, voici un film qui donne effectivement des frissons! THE RECONSTRUCTION OF WILLIAM ZERO récupère un thème classique du cinéma fantastique et en fait une relecture réussie grâce aux avancées scientifiques d’aujourd’hui.

— Michael Gingold

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