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Hana-Dama: The Origins ("Hana-Dama")

Première Nord-Américaine
  • Japon
  • 2013
  • 106 mins
  • DCP
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
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Suite à un avortement, Mizuki (Rina Sakuragi) est injustement humiliée et renvoyée de son école. Elle atterrit dans un nouvel établissement, où elle ne cesse d’être intimidée par les autres jeunes filles de sa classe. Violentée, harcelée, elle est même enfermée dans une armoire en plein cours, face à une enseignante complètement indifférente. Mizuki reste tout de même forte de caractère et se lie d’amitié avec Kirie (Maika Shimamura), puis Shibanai (Syun Asada), deux élèves dans une situation similaire. Les trois décident de s’allier contre leurs oppresseurs, mais leurs quelques victoires sont vite contrées par des attaques de plus en plus violentes provenant même des membres de la faculté. À la maison, Mizuki vit avec la névrose de deux parents qui répriment leur sexualité, et elle trouve un certain refuge en s’infligeant des blessures. Ces expériences traumatiques commencent à alimenter une autre sorte de désir et, tandis que la rage grandit en elle, sa sexualité s’épanouit, littéralement : prise entre un délire surréel et la dure réalité, une plante parasitaire dite « fleur cadavre » prend racine dans son cerveau et croît, alimentée par la violence dont Mizuki est victime tous les jours. En elle, Mizuki découvre l’esprit de vengeance dont elle avait besoin.

Coscénarisé par Shinji Imaoka (du pinku dément et musical qu’était UNDERWATER LOVE) et réalisé par Hisayasu Sato, vétéran de longue date du pinku et du cinéma underground japonais (NAKED BLOOD, LOVE & LOATHING & LULU & AYANO), HANA-DAMA: THE ORIGINS débute comme un drame d’intimidation scolaire plutôt commun. Mais fidèle à son habitude, Sato transforme lentement son film, le faisant glisser de manière presque sadique, mais toujours experte vers un territoire étrange et astucieux. Le tout passe d’un monde bien trop réel à un cauchemar fiévreux, jusqu’à finir en farce absurde et excessive de vengeance et de rétribution sanglante et colorée. De plus, Rina Sakuragi est absolument électrisante dans le rôle principal, coriace et aussi charismatique et mémorable que bien des héroïnes malmenées du cinéma de Sato. Et si HANA-DAMA s’avère par moment plutôt brut, l’ample malaise lo-fi qui s’en dégage compense entièrement et en fait un film dérangeant et viscéral comme seul Sato sait les faire, s’attaquent à l’intimidation et l’abus avec impunité, sans une once de mélodrame. HANA-DAMA est une critique sociale exaltée, non seulement de la violence que les jeunes filles peuvent perpétrer entre elles, mais également de la violence institutionnelle au sens large.

— Ariel Esteban Cayer

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