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Four Corners ("Die Vier Hoeke")

Première Québécoise
  • Afrique Du Sud
  • 2013
  • 114 mins
  • DCP
  • sabela / afrikaans / anglais (sous-titres)
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“Enticing, if brutal... must-see viewing” - Gayle Edmunds, CITY PRESS

Les Américains ont les Bloods et les Crips. Eh bien, en Afrique du Sud ils ont « Les Chiffres ». Les différents gangs se divisent en trois clans, soit les 26, les 27 et les 28. La guerre entre les clans dure depuis près de cent ans et les prisons d’Afrique du Sud sont surpeuplées. Il est dangereux de marcher dans les rues de Cape Flats avec les mauvais tatouages. C’est dans cet univers dangereux et violent que le film prend place.

FOUR CORNERS ressemble en plusieurs points au film brésilien CITY OF GOD. Les bidonvilles, la criminalité et la violence qui règnent dans ces quartiers gouvernés par les gangs transpercent l’écran. Ian Gabriel réalise un drame criminel ancré dans la dure réalité de ses personnages, avec la culture locale, le langage et la diversité culturelle qui sont propres à cet endroit. C’est d’ailleurs le premier film à utiliser le dialecte « sabela », le langage secret utilisé par les gangs. Ian a choisi de filmer son film dans des endroits où les médias et même la police ne peuvent pas aller. L’intrigue du film est très bien ficelée. On suit principalement l’évolution de Ricardo (Jezriel Skei), un jeune de 13 ans prodige des échecs qui, jour après jour, use de ruse pour maintenir une vie normale dans son quartier gouverné par les 26. Il sera amené à croiser le chemin de trois autres personnages. Farakhan (Brendon Daniels), un ex-chef de haut rang des 28 qui tente de se réhabiliter, Leila (Lindiwe Matshikiza), une jeune médecin du Royaume-Uni qui revient au pays pour aider à la succession de son père, et Tito (Abduragman Adams), un détective qui tente désespérément d’arrêter un tueur en série.

Gabriel utilise ces quatre personnages pour nous livrer un message social rempli d’espoir. Ce discours est transmis à l’écran par une sublime performance des acteurs, mais aussi par la réalité des gens qui les accompagnent. Bien que certains des personnages centraux soient joués par des professionnels, on ne peut pas en dire autant pour le reste de la distribution. Une grande majorité d’entre eux sont des ex-membres de gangs choisis au sein du programme Victory Outreach, un organisme qui aide les jeunes à se sortir du monde des gangs et de la drogue. Tous les adolescents en sont à leur première expérience, incluant l’acteur principal, Jezriel Skei. Gabriel signe une œuvre magnifiquement tournée, imprégnée d’un réalisme à couper le souffle. Il nous fait découvrir une partie du monde dont nous connaissons très peu de choses. La dureté de certaines images contraste avec des moments d'une grande beauté qui nous font réfléchir. Son approche naturelle nous offre une dure tranche de vie que vous n’êtes pas prêts d’oublier.

— Éric S. Boisvert

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