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Sweet Poolside

Première Nord-Américaine
  • Japon
  • 2014
  • 103 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
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L’adolescence est un moment charnière de nos vies. Pour Toshihiko, 16 ans, disons que les questionnements outrepassent amplement les réponses qu'il obtient. Membre du club de natation, il doit vivre avec une particularité difficile à assumer, spécifiquement dans le vestiaire : il n’a pas de poil, une situation qui lui vaut de récurrentes moqueries. De son côté, la jeune Ayako, également membre de l’équipe, vit un problème diamétralement opposé, mais aux conséquences similaires : ses membres sont couverts de poils et la sensibilité de sa peau lui interdit tout traitement. Toshihiko devient vite fasciné par Ayako et lors d'une conversation maladroite au sujet de leurs différences corporelles, il accepte de la raser à un endroit où ils ne pourront être vus. Si leurs petits rituels clandestins donnent des ailes à Ayako puisqu'elle se sent enfin normale, se hissant même en tête de son club de natation et attirant du même coup l'attention de l'entraîneur pour qui elle craque, ils transforment aussi l'intérêt de Toshihiko envers elle en une passion quasi obsessive. Ah, le premier amour! Ça s'exprime tout croche, ça va trop loin, ça nous fait faire les pires conneries et, irrémédiablement, ça fait très mal…

En dépit de sa prémisse loufoque et de quelques réjouissants moments d'humour, SWEET POOLSIDE s'en remet au drame et ce, malgré la présence derrière la caméra de Daigo Matsui, qui a fait sa marque à Fantasia avec l'hilarant AFRO TANAKA. Matsui s'inspire une fois de plus d'une série de mangas, cette fois de l'artiste Shuzo Oshimi, pour donner vie à des personnages jeunes, marginaux et un peu perdus par rapport à leurs désirs. Son récit utilise la pilosité inusitée des protagonistes pour illustrer différents enjeux de la crise d'adolescence avec une admirable sensibilité. Que ce soit l'acceptation de soi, les premiers contacts avec le regard des autres et l'entrée souvent chaotique dans les méandres du premier amour, SWEET POOLSIDE nous replonge dans cette période de nos vies grâce à un scénario futé centré sur des personnalités attachantes, mais également un usage bien dosé de métaphores illustrant les pensées de Toshihiko. Les jeunes interprètes Kenta Suga (ALWAYS SUNSET ON THIRD STREET) et Yuiko Kariya (THE FLOWER OF SHANIDAR) tirent efficacement leur épingle du jeu, transmettant avec justesse les réflexions et les maladresses de leur personnage, tout comme la superbe direction photo s'attardant sur les frissons, soubresauts et autres pulsions subites qu'ils ressentent. Étonnamment, une œuvre basant son récit sur le poil pourrait être l'un des films les plus lucides portant sur l'adolescence vus depuis longtemps.

— Nicolas Archambault

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