Billets

Frank

Première Québécoise
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Sélection officielle, Sundance 2014
Sélection officielle, Calgary Underground Film Festival 2014

“Weird and wonderful” – Lenny Debruge, VARIETY

“Deeply inventive, playful and idiosyncratic” – Rodrigo Perez, INDIEWIRE

Comme tant d’autres mecs anglais, Jon Burroughs rêve que sa musique lui permette d’échapper à sa vie plate et sans issue de travailleur de bureau. Et comme tant d’autres, sa musique n’a, pour être charitable, rien d’exceptionnel. On ne peut pas en dire de même de Soronprfbs, le curieux groupe que découvre Jon tout juste alors que leur claviériste tente de se suicider par noyade. Jon offre spontanément de le remplacer et se retrouve sur scène le soir même, en bien étrange compagnie – le chanteur, Frank (Michael Fassbender), émerge masqué par une tête en plâtre géante et avec ses compères cool et artistiques, il se lance dans un bruyant désordre qui atteint d’une façon ou d’une autre un moment d’extase musicale, interrompu par un thérémine qui explose. C’est de cette manière percutante que débute l’odyssée tragicomique de Jon dans la bizarrerie, qui le mènera dans les contrées sauvages d’Irlande pour enregistrer un album et finalement à SXSW, la Mecque annuelle de la musique indie au Texas.

Avec ses membres dangereusement dysfonctionnels et sa philosophie effrontément non conventionnelle, Soronprfbs demeure intact et même étrangement, intensément productif grâce à l’énigmatique Frank. Certes, il y a quelque chose de dérageant à propos de son masque géant, qu’il n’enlève jamais, pas même sous la douche. Que se passe-t-il donc dans cette tête dans une tête? La voix qui en sort est toutefois sage, empathique, inspirante, possiblement celle d’un génie musical destiné à la gloire. Mais est-ce que le groupe – et Frank lui-même – va émerger ou s’écrouler?

À la fois une fable et une histoire vraie, FRANK est basé en partie sur les expériences qu’a eues le coscénariste et journaliste Jon Ronson (THE MEN WHO STARE AT GOATS) avec le défunt musicien britannique excentrique Frank Sidebottom, qu’on ne voyait jamais sans sa « tête » sur les épaules. De façon plus générale, c’est un hommage à la fois trouble et farouchement drôle aux brillants créateurs outsiders et aux directions difficiles vers lesquelles le désir de s’exprimer peut mener les artistes. Ce n’est pas seulement un nom plus facile à taper ou à prononcer que « Soronprfbs » qui a valu à FRANK précisément l’attention positive que recherche son groupe semi-fictif. Sa distribution n’y a pas nui — Domhnall Gleeson qu’on a découvert dans la série HARRY POTTER, la lauréate de plusieurs prix Maggie Gyllenhaal et bien sûr Fassbender, dont les efforts nuancés font un personnage vraiment dynamique et engageant d’un homme portant un masque sans expression. Au final, FRANK frappe dans le mille à tout coup, même lors des moments durs et malheureux, examinant avec subtilité et perspicacité la gloire et l’échec, l’art de trouver des idées nouvelles et de faire face à qui on est.

— Rupert Bottenberg

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