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The Desert ("El Desierto")

Première Canadienne
  • Argentine
  • 2013
  • 99 mins
  • DCP
  • Espagnol
  • Anglais (sous-titres)
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“One of the best of the year… an intimate, intense love story that will put a knot in your stomach” - Shelagh M. Rowan-Legg, TWITCH

Axel, Ana et Jonathan vivent ensemble; une famille étrange mais proche, survivant l’apocalypse dans un bunker blindé qu’ils ont transformé en domicile. Occasionnellement, ils sortent pour aller chercher des provisions. C’est une routine bien rodée et à vrai dire, le monde extérieur pourrait ne pas exister. Ana croit aimer Jonathan et Axel désire Ana malgré lui, de plus en plus chaque jour. À trois, ils ont construit un confessionnal vidéo, où ils enregistrent leurs pensées et leurs anxiétés les plus privées, et cela devient vite un rituel, une balise face à la folie du monde extérieur. Cependant, Axel y passe plus de temps à écouter les cassettes d’Ana qu’à y enregistrer les siennes. Et puis un jour, ils laissent entrer un zombie. D’abord, tout va bien : Ana l’appelle Pythagore et il sert soit de sac de boxe, soit de toile à peinture. Cependant, son arrivée transforme la dynamique précaire de la maison et quand les trois amis commencent à se manipuler sournoisement, les bris de confiance deviennent apparents et les liens se brisent peu à peu.

Bien que nous ayons vu une énorme quantité de cinéma post-apocalyptique, cet ajout au sous-genre, qui nous vient de l’Amérique du Sud, se dévoile comme un impressionnant huis clos chargé en émotions. Étude brillamment observée de trois personnages prisonniers d’un triangle amoureux qui les détruit à petit feu, THE DESERT est aussi un film érotique, mélancolique, dérangeant, triste et hautement atmosphérique. Sans ne jamais quitter l’enceinte de la maison, le réalisateur Christoph Behl crée un univers vaste de par l’attention particulière portée à la direction artistique et aux détails qui caractérisent Jonathan, Ana et Axel. Ce dernier, par exemple, entame de se tatouer tout le corps de mouches, grimpant sur lui tandis que la tension s’accroît au sein du trio. Ana insiste pour nommer les zombies qu’elle tue, un dernier geste d’humanité. Ultimement, c’est dans ces petits détails que THE DESERT révèle son pouvoir; un film de corps s’effleurant discrètement, de regards fugaces et de jalousies refoulées pouvant déborder à tout moment. Le désert titulaire transcende tout espace géographique et en vient à décrire la maison hantée et l’aridité émotionnelle que ces trois personnages créent l’un pour l’autre. Rappel qu’il y a encore beaucoup d’avenues à explorer dans le cinéma post-apocalyptique, THE DESERT offre surtout un beau regard sur les pulsions humaines auxquelles on n’échappe pas, même à la fin des temps.

— Ariel Esteban Cayer

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