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Boss

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“A wacky flip on the established western niche... holds it own with style, character and badassness” - INFINI-TROPOLIS

Aussi connu dans les années 70 sous le titre plus provocateur et assumé de BOSS NIGGER, le film relate les exploits de deux chasseurs de primes, Boss, ancien esclave ayant pris sa liberté par la force, et Amos, son fidèle acolyte, sillonnant le pays à la recherche de Ged Layton, un fugitif blanc pour lequel une forte rançon est promise. Puisque ce dernier a l’habitude de se réfugier à San Miguel, une petite ville de l'Ouest sauvage, nos chasseurs s’installent tranquillement dans ce patelin à forte majorité blanche pour y attendre le malfrat. Ils découvrent une ville corrompue, un maire manipulé, une population noire opprimée, mais surtout, une ville sans shérif. Boss s’impose alors comme gardien de l’ordre et nomme Amos à titre de député. Ils vont tenter de remettre un peu d’ordre dans les parages, d’inculquer quelques leçons humanistes et de récolter au passage leur prime.

Fred Williamson se fait connaître dans les années 60 par le football professionnel (il a joué pour les 49ers de San Francisco, les Chiefs de Kansas City et même les Alouettes de Montréal), où son jeu très physique lui vaut le sobriquet de The Hammer. Avec Hollywood à ses portes, l’ancien footballeur place rapidement ses conditions : il ne joue pas de méchants, de pimps ou de dealers, il doit survivre à la fin du film et son personnage embrassera la fille seulement si Fred Williamson le veut bien. Le reste appartient à l’Histoire. Il s’impose rapidement comme acteur, producteur, réalisateur et scénariste. Un des visages iconiques de la Blaxploitation, il a joué dans plus de 80 productions, a lui-même réalisé quelques 20 films et en a scénarisé 7 parmi ceux-ci. BOSS est l’un des derniers longs métrages signé par le vétéran Jack Arnold (THE INCREDIBLE SHRINKING MAN). Le western à la sauce Blaxploitation a connu de grands succès dans les années 70, dont THE LEGEND OF NIGGER CHARLEY et THE SOUL OF NIGGER CHARLEY, tous deux avec Fred Williamson et D'Urville Martin qui reprennent ici des rôles assez similaires. Film divertissant, parsemé d’humour et d’action, BOSS est aussi une réflexion sur la place des Afro-Américains dans le développement de l’Amérique de l’après-guerre civile. Avec l’inclusion de personnages noirs, ces westerns héritent d’une force symbolique et adoptent un propos subversif. Les amateurs de DJANGO UNCHAINED aimeront comparer l'approche d’Arnold à celle de Tarantino à titre de western révisionniste. Si BOSS ne jouit pas d’un même budget et d’un même élan épique, il en reste une œuvre volontariste où Boss décide de son propre destin.

— Marc Lamothe

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