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Sweet Sweetback's Baadasssss Song

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Durant les années 40, un jeune orphelin afro-américain est recueilli dans un bordel. Ses exploits sexuels feront rapidement histoire et il deviendra performeur sexuel dans la maison close. Une nuit, deux policiers l’embarquent, mais sur le chemin du commissariat, ils arrêtent aussi un manifestant du nom de Mu-Mu, un membre du Black Panther Party. Les choses dégénèrent, la voiture de police se range dans un coin tranquille et les policiers battent sauvagement le manifestant. Sweetback ne peut rester indifférent face à cette agression gratuite et intervient violemment, laissant les deux policiers pour morts. Dès lors, Sweetback doit prendre la fuite, une course le menant de Los Angeles jusqu'à la frontière mexicaine. Plusieurs rencontres, traîtrises et obstacles l’attendent le long de son odyssée à pied, à motocyclette et en autostop à travers la ville et le désert. Un violent road movie dénonçant le racisme et annonçant la monté d’un mouvement.

« This film is dedicated to all the Brothers and Sisters who had enough of the Man », clame fièrement le générique d’introduction. SWEET SWEETBACK'S BAADASSSSS SONG est un film révolutionnaire, responsable à lui seul de la naissance d’un genre et d’une affirmation cinématographique. Ce manifeste coup de poing a réussi à convaincre Hollywood que des films orientés vers le public noir pouvaient être rentables, provoquant l’explosion de la Blaxploitation. Melvin Van Peebles utilise tous les moyens à sa disposition : décors insolites, cadrages non conventionnels, acteurs excentriques, surimpressions, renversés photographiques, montage nerveux, split-screen, zooms avant - zooms arrière, et autres procédés d’époque. Bénéficiant d’un faible budget, les scènes extérieures sont filmées « guerilla style », engageant le film un univers de réalisme magnifié. L’approche saccadée du montage rappelle l’urgence du propos. Filmé avec une grande liberté, le film suit ironiquement un homme en quête de liberté. Déjà visionnaire, Melvin Van Peebles s’associe au groupe Earth, Wind & Fire (à ses tous débuts) et crée une bande sonore qui donnera non seulement un rythme au film, mais qui dictera le son des films à venir dans le genre, engendrant ainsi l’alliance mythique entre la musique et le cinéma noir des années 70. À sa sortie, le film fut classé X (interdit aux moins de 17 ans). Melvin Van Peebles profita de ce classement pour inscrire sur les affiches de son film « Rated X by an All-White Jury ». Il s’amusa même à dire en entrevue que plusieurs de ses films favoris étaient classés X…

— Marc Lamothe

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