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Bad Milo

Première Canadienne
Sélection officielle, Karlovy Vary 2013

“BAD MILO has laughs, ideas, gore and heart to spare and it never fails to entertain” - Evan Dickson, BLOODY DISGUSTING

La vie de Duncan Hayslip est intolérable. Son patron est un monstre, sa mère a une libido débridée et il se fait constamment reprocher d’être incapable de faire un enfant à sa jeune et sexy épouse. Il souffre par ailleurs de douleur gastro-intestinale de façon quasi constante – et tout ce qu’on arrive à lui dire, c’est qu’il a besoin de relaxer. À l’insu de tous, l’angoisse anale du conseiller financier surmené n’est pas causée par ses innombrables problèmes, mais plutôt – préparez-vous – par un démon maya caractériel aux dents de scie qui s’est installé dans son colon. Vous avez bien lu… Et maintenant, à chaque fois que Duncan se sent dépassé par les événements, il s’évanouit et l’être assoiffé de sang « Milo », qui a l’air de la progéniture mutante d’E.T. et d’un Langolier, s’éjecte de façon volcanique du rectum de son hôte pour semer le chaos. Qui plus est, comme si le niveau de dégueulasserie de ce succès de SXSW n’était pas déjà assez élevé, le petit diable s’enfonce à nouveau dans le derrière de Duncan après chaque excursion meurtrière – et aucune dose d’antiacide ne suffira pour le calmer.

Le réalisateur Jacob Vaughn a confectionné une ode aussi hilarante qu’immonde aux films ringards des années ’80, où l’on retrouve une série de situations caricaturales mais réalistes – un démon maculé d’excréments parvenant d’une certaine façon à s’ancrer dans la douleur que nous ressentons tous chaque jour. Duncan est un monsieur Tout-le-monde affligé de diarrhée et l’espiègle Milo est en quelque sorte la souffrance dans le cul de la société. Le scénario tordant de Vaughn et Benjamin Hayes est loin d’être inconfortable, enchaînant les gags attachants et hilarants à la vitesse de l’éclair. La distribution, menée par Ken Marino (BURNING LOVE) dans le rôle du souffre-douleur Duncan, est formidable, avec des apparitions cocasses de Gillian Jacobs (COMMUNITY), de Peter Stormare (FARGO) et du toujours phénoménal Patrick Warburton en patron insupportable. Ceux qui sont réticents à l’idée de voir un film dont le héros est recouvert de sa propre merde une grande partie du temps devraient y penser à deux fois (puis réévaluer leurs priorités), mais pour ceux qui ont l’estomac assez solide pour apprécier une œuvre grotesque et audacieuse, BAD MILO est là pour vous torcher et vous couper le souffle.

Fantasia 2013 - Bad Milo from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Ted Geoghegan

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