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Go Down Death

Première Internationale
En présence du réalisateur / scénariste Aaron Schimberg

Sélection officielle, Festival de film de Northside, New York

Il se trouve, pas très loin de la Grande Ville, un petit village ravagé par la pauvreté et la maladie. C’est là que réside Jonathan Mallory Sinus, poète de génie dont l’œuvre ne se limite qu’à six pages. Reconnu pour s’être amputé les jambes afin de vaincre le sentiment d’incomplétude qui le rongeait depuis toujours, il s’est également donné comme mission de mettre sur papier les récits étonnants de son entourage. Avec GO DOWN DEATH, le surdoué Aaron Schimberg réalise la toute première adaptation au grand écran de la prose de J.M. Sinus. On y retrouve la galerie de personnages abracadabrants qui a profondément marqué l’imaginaire de ce folkloriste hors du commun. Vous y croiserez de sympathiques soldats prisonniers d’une forêt hantée, une prostituée perdant subitement vue, ouïe et voix, ainsi qu’un enfant fossoyeur manipulé par un esprit malin. Et ce n’est que le sommet d’un iceberg noir comme l’ébène! Tous évoluent dans ce bled pourri où le fantastique fait partie du quotidien et où l’espoir a quitté les lieux depuis la récente fin du monde. Allez avec eux vers la mort… GO DOWN DEATH!

Un irrésistible parfum de tabac et d’alcool fort s’émane du premier film de Schimberg. À travers une structure narrative labyrinthique et quelque peu chaotique, le cinéaste américain signe une lettre d’amour emboucanée à la musique de ses ancêtres ainsi qu’à la mythologie qui s’y rattache. Comme dans une chanson de Tom Waits, on se laisse envoûter par une succession d’anecdotes biscornues qui, bien qu’elles baignent dans un surnaturel délirant, évoquent, non sans humour, des thèmes universels comme la misère humaine et la quête de la rédemption. Ce retour à une vision du monde chère au folk et au blues d’antan évoque les grands romans de William Faulkner, ce qui n’empêche pourtant pas GO DOWN DEATH d’être une expérience filmique résolument moderne. Avec la même audace d’un jeune Guy Maddin, Schimberg s’approprie le langage cinématographique et n’obéit qu’aux règles qu’il s’impose lui-même. Le résultat est un réjouissant saut dans l’inconnu. GO DOWN DEATH tient également fruit de la pure folie créatrice. Au lieu de partir à la recherche du village qui correspondrait le mieux à son univers, Schimberg a bâti de ses propres mains les magnifiques décors de son long métrage dans un hangar à Brooklyn! Un exploit que Lynch aurait assurément applaudi. Somptueusement filmé sur 16mm, GO DOWN DEATH est une inconcevable symphonie macabre qui ensorcellera vos sens!

Fantasia 2013 - Go Down Death from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Simon Laperrière

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