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Doomsdays

Première Mondiale
Première mondiale, en présence du réalisateur / scénariste Eddie Mullins

Dirty Fred (le Justin Rice de MUTUAL APPRECIATION) et Bruho (Leo Fitzpatrick, vu chez Larry Clark) sont convaincus que le monde est en train de rendre son dernier soupir et qu’il n’en restera pas grand-chose après, surtout avec les ressources pétrolières qui disparaissent rapidement, et que dire du pic pétrolier duquel résultera un inimaginable déclin de la société telle qu’on la connaît. Devant cela, ils voient zéro raison valable pour garder leurs emplois ou même avoir un domicile. En effet, ils choisissent de passer le temps qu’il leur reste à errer dans les Catskills, pénétrant par effraction dans les chalets pour voler nourriture, drogues et alcool, vivant au jour le jour au milieu des biens d'autrui. Lorsqu’ils rencontrent des gens, ils les assomment d'une éloquente tirade de mensonges hilarants pour expliquer qui ils sont, ce qu'ils font et - en particulier- pourquoi ils sont précisément là où ils sont. À l’occasion, ils les assomment, tout simplement. Parce qu'après tout, « si vous êtes sur le Titanic et que vous savez qu'il n’y a pas assez de bateaux de sauvetage pour vous secourir, pourquoi ne pas faire une virée au bar? »

Annoncé comme une « comédie pré-apocalyptique » et évocateur des débuts de Jarmusch, Linklater, Hellman et Varda, DOOMSDAYS est un des films les plus profondément contre-culturels que vous aurez jamais vu. C’est un premier long métrage d’une magnifique absurdité pour le scénariste / réalisateur Eddie Mullins, autrefois critique de films pour Films in Review, Slant, Blackbook et – oui - Hustler, rempli de dialogues inoubliables et de bizarres fausses conclusions. Intelligent, drôle et authentiquement anarchiste, c'est vraiment une idiosyncrasie débordant de régals subtils qui sortent de nulle part. C'est aussi du brillant cinéma avec de nombreux plans-séquences qui culminent par des gags astucieux, et avec toutes sortes de touches d’esprit émergeant lors des moments les plus inattendus. Rice et Fitzpatrick sont les interprètes parfaits, leurs présences distinctes et charismatiques possédant littéralement l’écran. Ensemble, ils partagent une chimie qui propulse leur hilarant badinage sans fin, particulièrement lorsque d’infortunés purs étrangers sont entraînés dans leur univers de vagabonds. Une ingénieuse réécriture de la comédie de copains et un cri de guerre genre « fuck le monde » excentrique et éco-conscient, DOOMSDAYS est un acte de totale confrontation bon enfant. C’est sans doute une des plus grosses surprises de 2013.

Fantasia 2013 - Doomsdays from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Mitch Davis

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