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Polyester (V.Q. en Odorama)

POLYESTER relate les mésaventures odorantes d'une famille dysfonctionnelle. Francine Faupas (Jean-Louis Millette) est mariée à Albert (Aubert Pallascio), le propriétaire d’un cinéma porno qui vit une controverse médiatique. Son fils Denis (Normand Brathwaite) est un drogué qui fume du hasch et respire de la colle. Fétichiste des pieds, il s’avère être un écraseur d’orteils en série. Sa fille Loulou (Louise Portal), une jeune nymphomane qui aime s’éclater, est enceinte de trois mois. Boubou Bellechase (Mario Lirette), l’amoureux de cette dernière, est un bum violent. La mère de Francine (Béatrice Picard) méprise ouvertement sa fille et l’humilie constamment. Heureusement que Francine a encore une bonne amie pour partager ses peines, son ancienne femme de ménage rendue richissime suite à un héritage. Après avoir réalisé que son mari la trompe, Francine sombre dans l’alcool. Alors qu’elle est sur le point d’atteindre le fond, elle réalise que ses enfants ont besoin d’elle et décide de joindre les Alcooliques Anonymes. En route vers la sobriété, elle rencontre un playboy (Ronald France) qui va faire littéralement basculer sa vie. Mais les intentions de ce dernier ne sont pas celles exprimées aux premiers abords. Un grand happy ending fromageux à souhait à odeur de spray d’ambiance au lilas vous attend au tournant.

Tourné en 1981 par John Waters, ce film célèbre le retour à l’écran de Divine, Edith Massey et Mink Stole que l’on avait vues dans de précédentes productions du réalisateur de Baltimore. La réputation de la version doublée en joual n’est plus à faire. POLYESTER n’est pas le premier film américain à être doublé en joual. Des films cultes produits par de grands studios, dont notamment SLAP SHOT / LANCER FRAPPÉ (1977), CADDYSHACK / À MIAMI, FAUT LE FAIRE! (1980) et CHEECH & CHONG’S NEXT MOVIE / CHEECH ET CHONG LA SUITE (1980), ont pavé la voie. POLYESTER a la particularité d’être un film indépendant, provocateur à souhait et proposant au final une décapante critique sociale. L’équivalent linguistique adéquat pour doubler ce film irrévérencieux au Québec se devait d’être le joual assumé. Il occupe une place bien particulière dans l’histoire de l’industrie québécoise du doublage.

Le film utilise la technique de l'Odorama, grâce à une carte à cases numérotées de 1 à 10 qui sera distribuée aux spectateurs avant la projection. Lorsqu'un numéro apparaît à l'écran, le spectateur doit gratter la pastille correspondante afin de pouvoir ainsi sentir les mêmes odeurs que celles évoquées dans le film. En guise d’exemples, mentionnons des odeurs de fleurs, de pizza, de colle d’avion, de marijuana ou d'excréments. Puisque la principale protagoniste du film a un odorat surdéveloppé, l’Odorama se propose non seulement comme une brillante attrape marketing mais comme une continuité logique de l’humour outrancier du film.

— DJ XL5

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