Billets

Massacre au camp d'été ("Sleepaway Camp")

Alors qu’ils se baignent dans un lac, un père de famille et ses deux enfants sont victimes d’un accident mortel causé par un hors-bord conduit par de jeunes écervelés. Huit ans plus tard, Angela, la seule à avoir survécu à l’accident, habite maintenant avec sa tante excentrique et son cousin Ricky. Les deux jeunes sont envoyés pour les vacances d’été au Camp Arawak. Angela est une adolescente renfermée, qui mange peu et qui refuse de faire toute activité physique ou de prendre sa douche avec les autres filles. Ricky fait tout ce qu’il peut pour protéger sa cousine de la risée et des tours pendables des autres pensionnaires du camp ainsi que des avances sexuelles d’un chef cuisinier libidineux. Même le magouilleur propriétaire du camp semble avoir pris Angela et Ricky en grippe. Un à un, tous ceux qui se moquent d'Angela sont assassinés de manière brutale et douloureuse. Les morts se multiplient rapidement. Mais qui est le tueur? Angela pour punir ses tourmenteurs ou Rocky pour venger sa cousine?

Écrit et réalisé en 1983 par Robert Hiltzik avec un maigre 350 000 dollars, SLEEPAWAY CAMP (titré en français MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ) a su se bâtir une solide réputation, générant au passage plusieurs suites officielles (dont deux mettant en vedette Pamela Springsteen, la fille de Bruce Springsteen). Capitalisant résolument sur le succès de FRIDAY THE 13TH, MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ semble au premier abord n’être qu’un autre film exploitant la fibre du tueur en série dans un camp d’été. Son statut de film culte tient à une série de meurtres souvent graphiques, à une accumulation de maladresses sympathiques, à de nombreuses erreurs de continuité, à un étrange sous-texte homosexuel, à des flashbacks étranges évoquant certains giallos italiens et, surtout, à une finale férocement imprévisible. L’une des principales audaces de ce film réside dans le fait que la plupart des victimes sont de jeunes adolescents et non de jeunes adultes comme dans la vaste majorité des « slashers » des années 80. Le résultat est un film pour le moins moralement ambigu. La version française ajoute assurément une dimension jubilante au film. Alors que certaines voix collent assez bien aux acteurs originaux, d’autres sonnent carrément faux, ou du moins en décalage par rapport aux images qu’elles accompagnent. Certains dialogues français frôlent un bien étrange surréalisme. Le long monologue francophone de la tante Martha au début du film pourrait un jour devenir une pièce d’anthologie psychotronique. La piste française n’est pas disponible sur les éditions canadiennes ou américaines du DVD. Seules les VHS des années 80 au titre de MASSACRE AU CAMP D’ÉTÉ étaient bénies d’un tel doublage. Présenté en copie 35 mm.

— DJ XL5

Sponsors
Sponsors