Billets

Bad Film

Première Canadienne
  • Japon
  • 2012
  • 161 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Hong Kong 2013
Sélection officielle, Festival du film asiatique de New York 2013
Sélection officielle, Tokyo FilmeX 2012

“Its crazy energy, healthy fuck-you attitude and prevailing air of anarchy exemplify the best in Sono’s work” - Nicholas Vroman, FILM COMMENT

Sur la ligne de train de Chuo, à Tokyo, une guerre de gangs fait rage, en attente du retour de la souveraineté de Hong Kong à la Chine continentale. Le quartier de Koenji est l’épicentre du conflit, lieu de batailles gigantesques et sans pitié entre gangs de vigiles nationalistes japonais et gangs chinois, bloquant les rues et les métros. Au centre de cette folie, un frère tente tant bien que mal de protéger sa sœur; un mystérieux vendeur de ramen à la tête démesurée apparaît tel un fantôme; de surprenantes romances naissent; et d’étranges et étonnantes alliances se forment. Bienvenue dans le BAD FILM de Sion Sono, une vision fantastique et imprévisible de Tokyo telle que vous ne l’avez jamais vue, à la fois film « queer » et épique récit de gangs, 100% Sono.

Mettant en vedette le jeune réalisateur dans un rôle principal ainsi que des centaines de membres de Tokyo GAGAGA – son collectif d’art fondé en 1993 – BAD FILM est non seulement faussement intitulé, il s’agit également d’un premier film étonnamment maîtrisé, récemment déterré et monté à partir de plus de 150 heures tournées en 1995, en format Hi-8. Si prototypique, ce film est la quintessence même du cinéma de Sono : cru, énergique, déchaîné et provocateur; une œuvre impossible à contenir ou à décrire succinctement, explosant dans toute les directions dans son exploration de la sexualité, des relations entre nations et de la violence. Frénésie cinématographique pure, avec une pincée de poésie, voici un diamant qui manque de poli, mais qui brille d’une rage pour le cinéma qu’on n’a pas vu chez son auteur depuis SUICIDE CLUB et HAZARD, voire jamais. Véritablement imposant, BAD FILM préfigure également l’attitude gloutonne et inventive du chef-d’œuvre incontesté qu’est LOVE EXPOSURE, tout en offrant un humour et une irrévérence similaires, avec autant de carnage. Il s’agit d’une véritable genèse de beaucoup des caractéristiques du cinéma de Sono. Tourné en mode guérilla dans les rues de Tokyo, sans souci ni froid aux yeux, BAD FILM est un exemple audacieux et vertigineux de cinéma sans-le-sou et bricoleur, un film qui serait entièrement impossible à réaliser aujourd’hui, à l’ère des permis et des manifestations contrôlées.

Une rare fenêtre sur une autre époque, BAD FILM est simplement un must pour tout fan de Sono, ainsi qu’une des découvertes rétro les plus excitantes de l’année pour tout amateur de cinéma japonais criard, abrasif et subversif, tel qu’on n’a pas vu depuis près de 20 ans.

— Ariel Esteban Cayer

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