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The Great Passage ("Fune wo Amu")

Première Canadienne
  • Japon
  • 2013
  • 133 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Hong Kong 2013
Sélection officielle, Festival international du film de Seattle 2013
Sélection officielle, Festival international du film fantastique de Puchon 2013

“Cult Japanese director Yuya Ishii has delivered another gently absorbing drama” – Mark Adams, SCREEN DAILY

“Genuinely charming” - James Hadfield, TIME OUT TOKYO

1995. Mitsuya Majime (Ryuhei Matsuda) est un nerd de linguistique introverti qui travaille dans le département des ventes de la maison d’édition Genbu Books. Maladroit et quelque peu reclus – il vit seul avec son chat et des centaines de livres – il est cependant sollicité lorsque le département des dictionnaires part à la recherche d’un nouvel éditeur. La tâche à accomplir est colossale : compiler un ambitieux et compréhensif dictionnaire pour le nouveau millénaire – une œuvre d’art en soit intitulée « Le Grand Passage ». Trouvant confort dans l’univers des mots, Mitsuya se lance corps et âme dans le projet, qui n’est déraillé que lorsqu’il rencontre Kaguya (Aoi Miyazaki), la petite-fille de son propriétaire. Les mots ne suffisent plus, semble-t-il. Tandis qu’il peine à trouver les bons pour exprimer son amour, le projet prend du retard et se complique. Auprès du professeur âgé Matsumoto (Go Kato), du directeur Murakoshi (Shingo Tsurumi) et de l’immature assistant de vocabulaire contemporain Masashi Nishioka (Joe Odagiri), Mitsuya s’embarque, sans s’en douter, dans l’épopée de sa vie – 15 ans de dévotion et d’amour le transformant à chaque nouvelle définition.

Yuya Ishii (SAWAKO DECIDES, MITSUKO DELIVERS) est de retour avec une autre tendre et perspicace étude de personnage, cette fois d’une étendue inégalée. Une comédie dramatique, tout en étant un dynamique film d’ensemble se déroulant sur plus d’une décennie, THE GREAT PASSAGE est subtilement épique dans sa portée et doucement humoristique dans son écriture, coulant avec aise alors que la caméra d’Ishii témoigne de temps changeants. Cependant, c’est dans tout un travail de caractérisation que ce dernier film se démarque : auprès des excellentes performances d’Odagiri et compagnie, Ryuhei Matsuda (TABOO, BLUE SPRING), méconnaissable, porte tout le film sur ses fragiles épaules. Il est tout simplement captivant dans le rôle de Mitsuya, un nerd trouvant au fil des ans sa place dans l’échelle sociale, sans devoir pour autant changer ce qui le rend fondamentalement spécial. Une romance à combustion lente sert de ligne directrice et émotionnelle au saisissant récit, qui est parfois merveilleusement elliptique et qui résonne d’une manière qui rappelle les portraits affectueux qu’Ozu peignait de la classe ouvrière.

Surtout, THE GREAT PASSAGE est un éloge discret et éminemment japonais à toute une attitude de société de respect pour le travail lui-même et pour les liens puissants qu’il peut créer. Une ode à cette époque, à la limite de la nôtre, où la beauté pouvait encore être trouvée dans la définition des mots eux-mêmes, que nous prenons maintenant pour acquis.

— Ariel Esteban Cayer

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