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The Burning Buddha Man ("Moeru Butsuzou Ningen")

Première Nord-Américaine
  • Japon
  • 2013
  • 80 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)

Quelqu’un vole des statues sacrées du Bouddha un peu partout à Kyoto. Jeunes voyous? Mauvais plaisantins? Non. Les véritables responsables de cette série de crimes, personne ne peut même les imaginer – ni leur modus operandi d’ailleurs, et encore moins quelles sont leurs motivations. La jeune lycéenne Beniko est entraînée malgré elle dans un vrai cauchemar sitôt que la statue sacrée disparaîtra dans sa chapelle familiale – et que ses parents seront tués de manière affreuse. Devenue orpheline du jour au lendemain, Beniko est recueillie par le mystérieux moine Enju, qui prétend être un bon ami de ses défunts parents et qui connaît en outre divers éléments de l’énigme entourant leur mort. Une fois au sanctuaire du moine, Beniko est libre d’explorer les alentours : un lieu calme, mais assez inquiétant néanmoins. C’est au moment où elle découvre une chambre secrète (avec son occupant inexplicable) que Beniko commence à réaliser combien sa situation est cent fois plus ténébreuse et troublante qu’elle ne pouvait l’appréhender…

Même si Fantasia présente un très haut seuil de tolérance à l’étrangeté, préparez-vous pour une expérience unique et… déconcertante! THE BURNING BUDDHA MAN est le premier film du jeune Ujicha, talentueux réalisateur découvert à l’université par l’un de ses professeurs (nul autre que Reo Anzai, le fameux designer de jouets). On peut tenter de décrire ce film en disant qu’il s’agit d’une dérangeante hybridation de bouddhisme et de science-fiction assaisonnée de bio-horreur. Il faut également mentionner la technique d’animation baptisée « gekimation », qui rassemble des dessins faits à la main, découpés soigneusement et filmés en direct. Très inhabituel, cela rappelle davantage le théâtre de marionnettes que le dessin animé proprement dit avec un nombre prédéfini d’images par seconde. La gekimation découle de l’art ancestral du théâtre de papier (kamishibai en japonais) et fait partie de ces spécialités nipponnes inusitées qui nous étonnent toujours. La gekimation fut employée dans les années 70, pour une série télé, NEKOME KOZO (« garçon aux yeux de chat ») et Ujicha ressuscite à présent cette façon de faire, donnant à son dessin minutieux et insolite un souffle que l’animation conventionnelle aurait été bien incapable de fournir. Il n’y a rien de comparable en ce moment dans le vaste univers de l’animation – et Fantasia est fier d’ajouter cette œuvre hors pair au répertoire des modes d’expression indépendants et inédits qu’il a toujours su promouvoir depuis ses débuts.

— Rupert Bottenberg

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