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OXV: The Manual

Première Mondiale

L’amour, on se le répète souvent, dépend toujours de la chimie entre deux individus. Si l’affection ressentie envers autrui n’est pas réciproque, on ne peut rien y faire. Cette réalité s’avère particulièrement vraie pour les personnages d’OXV: THE MANUAL, mais il s’agit pour eux d’une question d’ordre scientifique et non sentimentale. Dans la dimension parallèle où ils évoluent, chaque être humain produit une fréquence qui détermine sa destinée. Quiconque génère une haute fréquence sera naturellement béni par la chance et doté d’une intelligence extraordinaire. Il en va autrement pour ceux de qui s’émane une basse fréquence. Ces derniers sont condamnés à ne connaître qu’une succession de malheurs.

Dès l’instant où Zak pose son regard sur Marie, il sait qu’il veut pour toujours demeurer auprès d’elle. Son rêve ne pourra malheureusement pas se concrétiser. Étant de basse fréquence et elle de très haute, ils ne peuvent se fréquenter qu’en raison d’une minute par année. Les années passent et Zak tente par diverses expérimentations de transformer sa fréquence. Lorsqu’il y arrive enfin, il remarque que le grand ordre des choses commence dramatiquement à s’effondrer autour de lui.

OXV: THE MANUAL semble provenir tout droit d’une autre planète. Son réalisateur Darren Paul Fisher le qualifie lui-même de toute première romance scientifico-philosophique, un descriptif qui lui va comme un gant. Avec une poignée de livres, le cinéaste britannique a créé un univers riche et cohérent qui rappelle ceux imaginés par les grands auteurs de la bande dessinée contemporaine Neil Gaiman et Grant Morrison. On explore donc avec un réel plaisir ce délirant monde fantaisiste qui, en plus de ressembler de façon étonnante au nôtre, se transforme subversivement sous nos yeux. Scénariste inspiré aux idées excentriques, Fisher se distingue en fusionnant avec expertise histoire d’amour impossible et délires existentiels d’universitaires insomniaques. Il aborde également le surréalisme avec le même esprit ludique que Michel Gondry. Au final, Fisher nous laisse à une improbable croisée des chemins, quelque part entre la comédie pythonesque typiquement British et les méditations angoissantes de Shane Carruth (UPSTREAM COLOR). La direction artistique se révèle également comme un véritable régal pour les yeux, avec cette palette de couleurs vives qui crée une atmosphère de légèreté candide. OXV: THE MANUAL est un de ces petits miracles que seul le cinéma indépendant est capable de produire. Il s’agit d’une œuvre d’une originalité réjouissante qui souffle un vent de nouveauté bienvenue sur le paysage des festivals de films.

Fantasia 2013 - OXV The Manual from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Simon Laperrière

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