Billets

The Last Tycoon ("Da Shanghai")

Première Canadienne
  • Chine
  • 2012
  • 118 mins
  • DCP
  • Cantonais
  • Anglais (sous-titres)
Rétrospective Andrew Lau, Festival international du film de Hong Kong 2013
Sélection officielle, New York Film Festival 2013

“[A] classy gangster epic” – TIME OUT HONG KONG

Un homme est assis en train de s’éventer, seul avec ses photos, seul avec ses souvenirs. En 1913, à l’aube de l’ère républicaine chinoise, Cheng Daqi est un enfant pauvre mais courageux, un employé de fruiterie qui a peu à offrir outre un sourire charmant et un cœur brave et plein d’ambition (et de désir pour la jolie Zhiqui, une future chanteuse d’opéra). Une tentative ratée de venger son patron envoie Daqi dans le couloir de la mort, où il partage sa cellule avec l’agent contre-révolutionnaire Mao Zai, qui aide Daqi à commettre son premier meurtre. Daqi se retrouve dans un Shanghai où règnent les néons et le jazz, et ses rêves de pouvoir et de privilège peuvent enfin y prendre leur envol. Il monte bientôt dans les rangs de la pègre de la ville et devient le protégé de Hong, le policier (et bandit) numéro un de Shanghai. Daqi a beau s’être élevé loin au-dessus des rues modestes de sa jeunesse, son passé demeure quelque chose à quoi il ne peut jamais vraiment échapper…

Pas besoin de chercher loin pour trouver des points de référence afin de décrire cette grande saga de gangsters chinois qui couvre la période entre la dynastie Qing et la Seconde Guerre mondiale. Wong Jing, qui réalise ici une œuvre beaucoup plus distinguée que ses habituels tours de manège clinquants, ne cache pas ses inspirations – les drames criminels épiques de Coppola et Leone, ainsi que les envolées stylistiques de Johnnie To (un élégant combat de couteaux sous des parapluies) et John Woo (une fusillade au ralenti dans une église, pour l’amour du ciel). Et tout comme le scénario et la réalisation du film rappellent les moments marquants de l’histoire du cinéma chinois, la distribution fait de même. Le charismatique titan des écrans chinois, Chow Yun-Fat, retrouve Wong pour la première fois depuis leur classique GOD OF GAMBLERS, et il livre une performance qui prouve que la véritable gravité exige une touche de légèreté. Il est rejoint par l’imposant héros du kung fu Sammo Hung et par le toujours intense Francis Ng – et, dans le rôle du jeune Daqi, Huang Xiaoming, un acteur talentueux qui mérite qu’on lui porte attention. Il vaut la peine de mentionner que ceci est un retour aux sources pour Chow. La similaire télésérie de Hong Kong des années ’80 THE BUND lui avait permis de commencer à gravir les échelons jusqu’au sommet de son domaine.

— Rupert Bottenberg

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