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Szamanka ("She Shaman")

Projection spéciale, avant laquelle Andrzej Zulawski recevra un prix de carrière honorifique

"An amazing film!… frenzied, subversive and cinematically invigorating, at once a provocative art film and a lurid thriller… one of the most striking films of the 1990s" – Adam Groves, FRIGHT.COM

“Zulawski is a creature of extreme experience. For him, there is no edge, only the abyss…No other filmmaker has gone so far in creating his own personal outland.” — Film Comment

Quand on pense cinéma polonais, les premiers mots qui nous viennent à l’esprit ne sont certainement pas : sexe brutal, cannibalisme, drogue procurant des visions et apocalypse nucléaire. C’est néanmoins le combo que nous propose Andrzej Zulawski dans ce qui est sans nul doute son film le plus choquant : SZAMANKA.

Après une rencontre au hasard dans la miteuse gare centrale de Varsovie, un jeune anthropologue (interprété par Boguslaw Linda) vit une aventure avec une étudiante en génie un peu dérangée originaire de la province (Iwona Petry). Un peu plus tard, il tombe sur le cadavre desséché d’un ancien chaman. Entre le professeur et l’étudiante, l’histoire d’amour passionnée basculera dans la sauvagerie et notre héros réalisera que son destin est dorénavant lié à celui de l’homme-médecine millénaire…

Ayant signé en 1990 un film d’époque, BORIS GODUNOV, ainsi qu’un film musical, THE BLUE NOTE, en 91, voici que Zulawski fait un retour attendu dans ce qui l’a rendu célèbre (ou tristement célèbre). SZAMANKA est basé sur un scénario écrit par Manuela Gretkowska, une féministe catholique – et c’est le premier film de Zulawski tourné en Pologne depuis la chute du communisme dans les pays de l’Est. Là où ses œuvres précédentes se voilaient toutes derrière les appellations « horreur », « science-fiction », ou « guerre », Zulawski a déclaré que SZAMANKA était un film sans fard qui ose jeter un coup d’œil direct et méticuleux sur la Pologne après la chute du mur de Berlin. La tyrannie communiste n’est plus, mais elle est remplacée par toute une culture d’arnaqueurs-protecteurs et aussi par une foi désespérée en l’Église catholique. L’acteur Boguslaw Linda fit ses premières armes dans les films d’Andrzej Wajda (MAN OF IRON, en 1981) et de Krzysztof Kieslowski (BLIND CHANCE, en 1982), pour devenir l’une des figures les plus connues du cinéma polonais contemporain. Quant à Iwona Petry, elle n’avait pas encore joué dans aucun autre film jusqu’à ce jour : la performance qu’elle livre dans SZAMANKA est digne d’une Isabelle Adjani dans POSSESSION (1981) ou d’une Sophie Marceau dans L’AMOUR BRAQUE (1985). Film polonais le plus scandaleux des années 90, SZAMANKA est aujourd’hui reconnu – avec quelques réserves – comme une référence à cause de sa prise de position sans appel vis-à-vis de l’Église catholique, de son engagement féministe et de sa transgression des tabous sexuels. Comparable à POSSESSION, l’œuvre de Zulawski explore des thématiques et des problématiques bien réelles en utilisant le prisme du fantastique.

Fantasia 2013 - Szamanka from Fantasia Film Festival on Vimeo.

— Daniel Bird

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