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Plus One

Première Internationale
Sélection officielle, SXSW 2013

Étiez-vous une personne différente il y a 45 minutes? Est-ce exagéré de supposer que c'était le cas? À l'âge de 18, 19 ou 20 ans, un moment significatif de développement et de découverte personnelle, ça ne l'est probablement pas. Les jeunes changent, évoluant constamment et souvent, et pas si fondamentalement que ça. Ils jonglent avec leurs intérêts, leur style, leurs amis, essayant de se découvrir eux-mêmes et d'impressionner autrui. De plus, ils accumulent les gaffes et bouillonnent d'énergie nerveuse sans prendre le temps de comprendre ce qui fonctionne ou pas. PLUS ONE, le dernier-né du cinéaste grec Dennis Iliadis (THE LAST HOUSE ON THE LEFT), nous impose une réflexion surréaliste sur les frasques de la jeunesse à une réception privée déjantée, dans une version pop art / horreur d'un film d'ados genre une-nuit-peut-tout-changer.

De toute évidence inspiré par et très critique des sommets d'insanité que peuvent atteindre les soirées privées du style PROJECT X et 21 & OVER, la substantifique moelle de PLUS ONE se retrouve dans de telles défonces. C'est en partant une vision irréaliste (êtes-vous déjà allé dans une soirée avec des jeux de lumière? Des danseuses à gogo?), alors quand un simple événement cosmique met de l'avant le côté braque du film, vous êtes emporté dans les situations les plus étranges qui soient. David et Teddy sont les personnages principaux et ils comprennent rapidement que tout va mal, alors que des doubles d'eux-mêmes et de tous ceux présents à la fête apparaissent et revivent la soirée, soit à partir de 45 minutes plus tôt. Lorsque les lumières s'éteignent, les doubles se rapprochent du présent.

David, qui vient juste de rompre avec Jill après une histoire idiote (et annonciatrice) d'erreur d'identité, essaie de convaincre au moins une version d'elle de reprendre leur relation. Teddy, lui, réussit à séduire une bombe et, bien que ce soit ce qu'il pourrait appeler la soirée de sa vie, il est aussi horrifié par les événements. La timide Allison, dans l'histoire parallèle la plus psychédélique du film, rencontre son sosie et elles finissent par se rapprocher et trouver une certaine harmonie. Les autres fêtards ne sont pas aussi chanceux et sont forcés d'être derechef les témoins de leur bringue, sous la surintensité erratique des jeux de lumière qui rend repoussant tout le plaisir qu'on a habituellement dans le noir. Iliadis utilise ses tendances stylistiques raffinées pour rendre les prises de vue de la fête juste un peu inconfortables et conflictuelles. Ce film jette un regard déstabilisant, amusant, étrange sur le passage à l'âge adulte et l'acceptation de soi.

— Samuel Zimmerman

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