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Uzumasa Jacopetti

Première Nord-Américaine
  • Japon
  • 2013
  • 83 mins
  • HD
  • Japonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Nippon Connection 2013

“Odd but also oddly endearing… loopy ideas to spare” – Tom Mes, MIDNIGHT EYE

Shoji (Shinji Wada) est obsédé par les aimants et rêve de se bâtir une maison en lévitation dans laquelle il pourra emménager avec sa femme et son fils. Une maison faite d’aimants, bref. Lorsqu’un officier de police désillusionné le surprend en train d’abattre tout bonnement un bœuf avec une hache, il lui offre assez d’argent pour finaliser sa maison de rêve, en échange d’une petite faveur meurtrière. Shoji accepte, ridicule sabre de taille démesuré en main. Pendant ce temps, son fils renifleur de marqueurs indélébiles et obsédé par les concombres développe une compulsion pour l’écrasement d’insectes, que sa mère développe et transfère, elle-même avec une curiosité digne de celle d’un enfant, à des proies de variété plus humaine. Et les choses ne deviendront que de plus en plus étrange dans le quartier d’Uzumasa, tandis que la simple quête d’un père pour le bonheur de sa famille se transforme en carnage absurde et délirant, dans UZUAMASA JACOPETTI, un film à faire fondre l’esprit que nous offre le réalisateur Moriro Miyamoto!

Partageant quelques éléments avec l’univers étrange et imprévisible de Jean-Pierre Jeunet, voire même de Michel Gondry (!) par le biais des films de Takashi Miike dans sa période vidéo, sanglante, hyper-réelle et complètement subversive, UZUMASA JACOPETTI est un film qui rappelle VISITOR Q si ce film avait été réalisé par Satoshi Miki (d’ADRIFT IN TOKYO, mais aussi de IT’S ME, IT’S ME, à l’affiche cette année!) et si Miki avait réalisé le film en question pendant un trip d’acide d’une semaine. Cependant! Si ces comparaisons sont efficaces pour se situer dans ce tourbillon déstabilisant de dynamiques familiales tordues tout aussi surréalistes que troublantes, elles ne rendent pas justice à la vision singulière de Moriro Miyamoto. Ce mystérieux et prolifique cinéaste de Kyoto (dont l’œuvre inclut le film indépendant au titre évocateur de BUTT BOAT ainsi que plusieurs clips, dont un, superbe, pour le band noise YDESTROYDE) annonce le retour du véritable cinéma underground japonais, complètement iconoclaste et hypnotique, mais aussi inventif et assez coloré pour vous faire fondre les yeux hors des orbites. Soutenu par une incroyable trame sonore rappelant John Zorn et composée par l’artiste électronique expérimental / « breakcore » Doddodo ainsi que par l’acteur principal Shinji Wada lui-même, vous ne vivrez rien comme UZUMASA JACOPETTI cette année, ou la prochaine – un périple viscéral et transcendant en marge de la société et de tous le cinéma japonais contemporain.

— Ariel Esteban Cayer

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