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Black Pond

Première Canadienne

"A deeply eccentric, haunting marvel… funny, dreamily lyrical, armour-plated with eccentric self-confidence and also intensely English" — Peter Bradshaw, GUARDIAN

"One wishes there were more abnormal British films such as this" — Derek Malcolm, LONDON EVENING STANDARD

« La vie, c’est la souffrance. Nous souffrons parce que nous sommes vivants ». Incroyable portrait pseudo-documentaire d’une famille confrontée à la mystérieuse mort d’un étranger à leur table à manger, BLACK POND est le premier film de Tom Kingsley et Will Sharpe. Nominé au dernier gala BAFTA (pour Exceptionnel Premier Film), ce film sort du lot en tant que l’un des plus insolites et évocateurs films vus depuis longtemps. Avec une histoire teintée de la banalité domestique et tordue du DOWN TERRACE de Ben Wheatley mêlée à l’étrangeté pince-sans-rire d’un film de Wes Anderson, BLACK POND suit le déclin d’une famille qu’on pouvait d’emblée qualifier de quasiment dysfonctionnelle. Raconté en flashback de style documentaire, nous apprenons que, suite à leur arrestation (ils furent soupçonnés de meurtre), les Thompson ont par conséquent changé pour le mieux (ou du moins, c’est ce qu’ils soutiennent devant la caméra).

En promenant son chien dans les bois, Tom (Chris Langham) rencontre l’affable et morose Blake (Colin Hurley), qu’il invite finalement à prendre le thé dans le confort de son logis. Tom et sa femme Sophie (Amanda Hadingue) écoutent les observations élégiaques de Blake avec un intérêt prudent et le thé se transforme bientôt en vin, s’en suivant une baignade nocturne et une invitation à dormir à la maison. Les propos mélancoliques de Blake exposent graduellement les failles dans le mariage stagnant de Tom et Sophie et provoquent le scepticisme de leur deux résilientes filles (Anna O’Grady et Helen Cripps). Un ami en peine d’amour (interprété par le coréalisateur Sharpe), un psychothérapeute inepte (Simon Amstell) et un chien à trois pattes nommé Boy complètent cet excellent ensemble de personnages. Les Thompson sont-ils une famille de tueurs, tel que scandé par les journaux locaux? Répondant à la culture britannique du tabloïd et au confessionnal classique de la téléréalité, voici le portrait intime d’un groupe d’individus cherchant un terrain commun sur lequel se promener ― ou mutuellement s’enterrer. L’humour aride typiquement britannique est fusionné ici à un regard poignant sur la dévotion et la décence humaine, devenant une critique subtilement acerbe de la haute classe moyenne contemporaine. Écrit avec précision et présentant plusieurs tours de force côté interprétation, BLACK POND est à la fois impressionnant, irrévérencieux, insaisissable et dévastateur. Certainement l’un des meilleurs premiers films vus depuis plusieurs années, une riche et originale vision aux idées drôles et poignantes, ne ressemblant à rien que vous avez vu auparavant.

— Lindsay Peters

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