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Sons of Norway ("Sønner av Norge")

Première Québécoise

“Celebrates the imperfections in everyone with a playful snarl… hilarious, heartfelt, rebellious and original” — Shane McNeil, TORONTO FILM SCENE

C’est la fin des années 1970 à Rykkinn, en banlieue d’Oslo, et ça se voit. Magnus, sa femme Lone et leurs deux fils, l’adolescent Nikolaj et son petit frère habitent confortablement l’un de ces complexes d’immeubles sociaux-démocrates disgracieux, communs à la Scandinavie de l’époque, un complexe comme ceux que Magnus conçoit lui-même en tant qu’architecte. En plus des pins les entourant, la propreté et la conformité y sont omniprésents. Les valeurs progressistes sont la norme dans cette famille et son entourage; «Coca-Cola est le sang noir du capitalisme », Magnus avise gaiement Nikolaj, assoiffé. Mais le père banlieusard va encore plus loin en célébrant un Noël athée, décoré de bananes et autres restants de radicalisme hippie. La famille est néanmoins brisée lorsque Lone est tuée accidentellement par une voiture lors d’une ballade à vélo. Terrassés par le deuil, la colère et la tristesse, les survivants masculins doivent maintenant retrouver la route vers la paix intérieure suite à leur perte. Pour Nikolaj, le chemin se révèle assez tôt, lors d’une écoute des Sex Pistols, dont il devint instantanément accro. Mais plutôt qu’une simple passion, il se vautre littéralement dans les vertus de la rage et du son tapageur du punk rock. Et qu’en est-il de Magnus? Eh bien, vous savez ce qu’on dit… tel fils, tel père!

Scénarisé par Nikolaj Frobenius, d’après son autobiographie « Theory and Practice », cette intense vision scandinave de Jens Lien sur le passage à l’âge adulte s’élève au-dessus des sentiers battus du genre. La question est comment un jeune homme est-il sensé se rebeller contre la génération précédente lorsque celle-ci veut elle aussi se révolter avec lui? Åsmund Høeg, un jeune acteur exceptionnel, livre un portrait éclatant de Nikolaj, projetant à l’écran les tumultes intérieurs du garçon avec subtilité et vigueur. Quant à Sven Nordin, il impressionne dans le rôle d’un Magnus tout aussi absurde que désespéré. La nostalgie de la Norvège de l’époque est captée avec une touche d’ironie et une grande attention portée aux détails. Et il en va de même concernant le remaniement socioculturel provoqué par le punk rock à cette époque. Les Sex Pistols et bon nombre de groupes punks norvégiens se retrouvent sur la trame sonore et John Lydon, alias Johnny Rotten (chanteur des Pistols) est producteur exécutif du film, en plus d’apparaitre à l’écran lors d’un caméo inspiré et à ne pas manquer!

— Rupert Bottenberg

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