Billets

The Victim

Première Québécoise
En présence de l'actrice/productrice Jennifer Blanc-Biehn et de l'acteur/scénariste/réalisateur Michael Biehn

“A sexy, fun little grindhouse film” — Nordling, AIN’T IT COOL NEWS

“Biehn’s ultra low-budget ode to B-movie sleaze is a lot of fun to behold” — Kake Dee, ARROW IN THE HEAD

Il suffit d’un craquement inattendu pour qu’un après-midi dans les bois déraille spectaculairement, contraignant Annie (Jennifer Blanc-Biehn) à errer en région sauvage, cherchant refuge chez quiconque sera assez fou pour lui venir en aide. Par chance, un discret ermite prénommé Kyle (Michael Biehn) entend ses cris et, après maintes supplications, accepte de cacher la femme terrifiée dans sa maison, située dans un endroit reculé en montagne. L’homme découvre bien vite qu’Annie est pourchassée par deux salopards dotés de badges (Ryan Honey et Denny Kirkwood) qui désirent lui donner le droit de garder le silence de façon permanente. Dès lors, un tordu jeu du chat et de la souris s’enclenche alors qu’Annie et Kyle élaborent sans relâche une série de stratagèmes afin de se débarrasser de leurs déterminés adversaires. Or, plus le sang gicle et la tension grimpe, plus les délimitations entre victime, protecteur et agresseurs se brouillent — et l’ambigu titre du film en vient à s’appliquer à pratiquement tous ceux qui apparaissent à l’écran.

Le scénariste, réalisateur et acteur Michael Biehn livre vraiment la marchandise dans ce sombre film indépendant produit par sa femme Jennifer. De son provocant plan d’ouverture — montrant la sexy Danielle Harris (HALLOWEEN) en compromettante position — à ses scènes de marquage au fer rouge, de têtes se faisant défoncer et de balles traversant des torses, ce qui semble parfois être une comédie décalée s’impose finalement comme un thriller mâtiné de réel drame humain. De classiques de James Cameron tels que THE TERMINATOR et ALIENS à l’apocalyptique THE DIVIDE de Xavier Gens (présenté à Fantasia l’an dernier), Biehn est toujours plus grand que nature, offrant des performances qui ébranlent le monde du cinéma. Ici, dans le rôle du solitaire Kyle, il fait preuve d’une troublante retenue, donnant à ses acteurs de soutien l’impression qu’ils le dominent avec leurs différents degrés de démence. C’est toutefois là le piège que Biehn leur tend : en un clin d’œil, Kyle retourne la situation, passant de tempéré à déchaîné et faisant ― étonnamment ― de nous tous des victimes abasourdies.

— Ted Geoghegan

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