Billets

The Ambassador ("Ambassadøren")

Première Québécoise
  • Danemark
  • 2011
  • 93 mins
  • HD
  • Anglais / Français
  • Anglais (sous-titres)

“Highly watchable, clearly (and unabashedly) exploitative and often offensive — but it undeniably unearths some very uncomfortable truths” — Karsten Kastelan, HOLLYWOOD REPORTER

Le célèbre journaliste et plaisantin Mads Brügger, armé de son faux passeport diplomatique libérien, débarque en Afrique. Sa mission: exposer l’industrie panafricaine du recel de titres diplomatiques et tout ce qui gravite alentour – les dessous de la politique et du pouvoir. Pour la modique somme de 135 000 $, une sorte de courtier lui procure un diplôme bidon, un permis de conduire du Libéria et des papiers consulaires. Bref, ce qu’il faut pour s’inventer une nouvelle identité politique! Ensuite, prétextant vouloir ouvrir une manufacture d’allumettes, Brügger se rend jusqu’en République Centrafricaine et y fait la connaissance d’un propriétaire de mine de diamants corrompu jusqu’à l’os, arborant une caricaturale dent en or et de menaçantes cicatrices taillées à coups de machette. Il rencontre également plusieurs politiciens avides de troquer les ressources nationales limitées en échange du grand luxe à l’Européenne. Brügger s’embourbe de plus en plus dans ce milieu sordide, jusqu’au jour où une mauvaise transaction de diamants et un courtier frauduleux révèlent l’impitoyable réalité de ce monde interlope. La filière diplomatique prépayée est accessible à quiconque possède un gros compte en banque et une soif de pouvoir… Enregistrements clandestins, caméras cachées: cette enquête inclassable dévoile les rouages d’un système sans foi ni loi (ni éthique).

La frontière entre réalité et fiction se brouille graduellement au fur et à mesure que Brügger est aspiré dans un marécage d’autorités corrompues. Puisque ce bourbier s’élargit exponentiellement, à un certain moment, Brügger délaisse son rôle, contacte le président du Libéria et tente d’obtenir le statut « officiel » de consul et ambassadeur itinérant auprès de la République Centrafricaine. Est-ce que tout ceci n’est vraiment qu’un grand jeu politique? Brügger pourra-t-il véritablement résister à l’envie fantaisiste de jouer au riche Blanc de l’époque coloniale? Car il le fait exprès, d’ailleurs: lunettes noires, complet blanc, porte-cigarettes blasonné – un stéréotype vivant –, un clin d’œil à Curious George (et son « Bonhomme en chapeau jaune »). Saura-t-il se garder de tout soupçon, pour devenir un authentique diplomate baignant dans les diamants et le champagne? Si son jeu est découvert, au mieux, il risque le pénitencier, au pire, d’être retrouvé mort dans un ravin. De par son réalisme, THE AMBASSADOR est mille fois plus déstabilisant que les parodies de Sacha Baron Cohen. Ce « reportage extrême » redéfinit entièrement l’art du documentaire et donne un sens nouveau à l’immunité diplomatique.

— Lindsay Peters

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