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Alter Egos

Première Mondiale
En présence des acteurs Danny Masterson, Joey Kern, Kris Lemche et Brooke Nevin, du scénariste/réalisateur Jordan Galland et du monteur Daniel Schechter

Si Woody Allen réalisait un film de super-héros, il ressemblerait à l’amusant et inusité ALTER EGOS du réalisateur/scénariste Jordan Galland. Notre histoire se déroule à une époque où les super-héros ont perdu tout financement gouvernemental et tout support du public. Le bienfaisant et coloré Fridge (qui peut faire jaillir de la glace de ses mains) et C-Thru (vision rayons-X) sont terrés à l’hôtel Hampton Bays, déserté pendant la saison morte. Fridge (Kris Lemche, GINGER SNAPS) éprouve quelques problèmes amoureux : il est furieux envers sa copine qui entretient une liaison avec son alter égo civil (!). Pendant ce temps, l’insolent et ultra-confiant C-Thru (Joey Kern, CABIN FEVER) a séquestré Shrink (John Ventimiglia, la série « The Sopranos »), l’assassin des parents de Fridge, qui devint ainsi l’ennemi juré de ce dernier. Or, tuer l’infâme Shrink violerait le règlement #27 du code des super-héros, qui interdit toute forme de vengeance. Pour compliquer les choses encore plus, Fridge a craqué pour Claudel (Brooke Nevin), la charmante hôtelière victime des avances de Jimmy (Danny Masterson, la série « That ’70s Show »), ce héro-raté-recyclé-en-policier. Malgré tous leurs fantastiques pouvoirs, ALTER EGOS prouve que les super-héros sont aussi torturés que nous tous.

Bien qu’ALTER EGOS, l’antidote idéal aux superproductions hollywoodiennes, traite d’humains pourvus d’habiletés extraordinaires, son récit s’apparente davantage à la vraie vie, avec ses tumultueuses relations amoureuses ou amicales et autres problèmes monétaires. Pendant qu’ALTER EGOS déconstruit ironiquement l’univers de Marvel, il jette un regard caustique et amusé sur le film de super-héros moderne. Les héros achètent leurs costumes de spandex via des catalogues bons marchés, pendant que les vilains font la fête dans de luxueuses discothèques et se promènent en limousines. Des noms tout aussi farfelus que Electric Death (joué par le compositeur Sean Lennon), Truth Fairy, Sunburn et Ice Scream fusent des deux camps. De plus, l’élitiste clan des gentils rejette Jimmy simplement parce que son superpouvoir (il ne peut se rendre invisible que pendant 2,3 secondes seulement) n’est pas assez spécial. Cependant, ALTER EGOS l’est, sans contredit, de ses prestations amusantes, jusqu’au dénouement des péripéties de Fridge (dont les antécédents sont assez sombres merci), en passant par la musique épique composée par Lennon, un pastiche d’orchestrations de films de super-héros traditionnels combinées à des arrangements pop. Tout comme ALTER EGOS, qui par ailleurs s’empare des clichés des super-héros et les catapulte au-delà du réel pour livrer un film drôle, inventif et charmant.

— Tony Timpone

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