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Black’s Game ("Svartur á leik")

Première Nord Americaine
  • Islande
  • 2012
  • 100 mins
  • HD
  • Islandais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film de Rotterdam 2012
Sélection officielle, Festival international du film de Hong Kong 2012

Produit par nul autre que Nicolas Winding Refn (DRIVE, VALHALLA RISING et la série des PUSHER), ce premier long métrage du cinéaste Óskar Thór Axelsson nous propulse, comme si nous y étions, directement dans le milieu du gangstérisme islandais de la fin des années 1990. Nous voici donc à Reykjavik, en 1999. Coincé dans l'engrenage juridique suite à une vulgaire bagarre d'ivrognes, le jeune Stebbi Psycho (Thor Kristjansson) aurait grandement besoin d'un avocat. La chance semble enfin lui sourire lorsqu'il renoue avec Tóti (Jóhannes Haukur Jóhannesson), un ami d'enfance devenu un truand endurci, apparemment bourré de contacts importants. En échange d'un « service », ce dernier garantit à Stebbi la meilleure aide judiciaire que le prix du sang versé pourra lui procurer. Cette faveur catapulte Stebbi au cœur d'un gang brutal dont les membres sont sur le point d'être couronnés comme étant les plus puissants trafiquants de drogue de l'Islande – un commerce interlope qui se faisait jusque-là discret et peu violent. Plus maintenant...

Préparez-vous à découvrir une facette de l'Islande aussi sordide que sanguinaire qui a rarement été abordée au cinéma. Dans un récit explosif illustrant l’ascension du milieu des revendeurs de drogue du pays, les faits exposés durant cette période ultra-violente y sont dépeints avec un détachement certain. BLACK’S GAME n'en demeure pas moins un thriller intense, doté d'un style à la fois cru et léché, dont le propos est illuminé par une étonnante perspicacité. Inspiré du best-seller signé par l'auteur islandais Stefán Máni, le film évoque l'univers de GOODFELLAS à la manière de PUSHER, avec ses étourdissants personnages colorés et ses explosions de violence, sur fond de paysage hivernal teinté de sang, de testostérone, de sexe et de cocaïne. Affichant clairement ses influences tout en étant redevable aux films de gangsters des 40 dernières années, BLACK’S GAME est si rondement mené, qu'il devient impossible de ne pas être attiré vers l'œil dilaté du cyclone. Défini par son réalisateur comme étant l'« éveil de la pègre islandaise », le film se démène tel un diable dans de l'eau bénite. À l'image du trafic de stupéfiants ayant eu lieu à la fin du dernier millénaire, le cinéma islandais tend lui aussi à s'imposer comme une bête sauvage. Les hurlements de cette métamorphose résonnent jusque de ce côté de l'Atlantique, alors que le film est présenté en grande première nord-américaine.

— Mitch Davis

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