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Beast

Première Canadienne
  • Danemark
  • 2011
  • 83 mins
  • DCP
  • Danois
  • Anglais (sous-titres)
En présence des producteurs Tine Grew et Caroline Schlüter

GAGNANT: Prix du jury, Festival du film fantastique de Gérardmer, 2012
Sélection officielle, South by Southwest 2012

“Visceral, dark and disturbing… This is the beating drum of love as seen through the actual heart: a powerful muscle, red and pumping to the point of attack” - Shelagh M. Rowan-Legg, TWITCHFILM

Nouveaux mariés, Bruno et Maxine sont follement, totalement amoureux. Hélas, le temps passe, une routine s’installe et Maxine (Marijana Jankovic) se fait plus distante. Bruno (Nicolas Bro) se retrouve dans une sorte de vide effrayant, lui qui se consacrait corps et âme à sa femme. Maxine refuse de lui dire ce qui ne va pas et Bruno est hanté par l’idée qu’elle s’en aille pour de bon, au point d’en tomber malade, l’échec du mariage l’affectant tant physiquement que psychologiquement. Dans sa volonté désespérée de garder Maxine avec lui, il ira même jusqu’à consommer de son sang. En vain. Et puis, Bruno soupçonne Valdemar, un ami du couple, de qui Maxine est très proche. Avant longtemps, ils en seront tous réduits à une animalité primaire et inquiétante. Convoitise. Violence. Envie. C’est ça l’amour?

On peut craindre la passion dévorante et absolue – cette chose qui aura anéanti plus de vies humaines que toutes les guerres de l’histoire du monde réunies. En plus de pouvoir plonger des gens raisonnables dans une détresse psychologique profonde, l’amour fou est aussi redoutablement imprévisible. Après tant d'années vécues auprès de la même personne, que représente-t-elle, pour vous? Que représentez-vous, pour elle?

Le maître danois est de retour: Christoffer Boe, celui à qui l’on doit ALLEGRO et OFFSCREEN. Plusieurs longs métrages ont abordé le thème de « l’amour vénération qui tourne au cauchemar », dont ANTICHRIST de Lars Von Trier et POSSESSION d’Andrzej Zulawski; mais c’est Boe qui signe finalement le film le plus abouti sur ce sujet très délicat. BEAST est une œuvre poignante, où la sueur et le sang de l’auteur transpirent à chaque scène. En bout de ligne, la co-dépendance devient un phénomène d’autodestruction ultimement lié à une solitude extrême. Le film comprend un trio de performances d’acteurs uniformément exceptionnelles, avec la superstar Nicolas Bro menant la charge (on a pu le voir dans ADAM’S APPLES, AT WORLD’S END et RECONSTRUCTION). Dans le rôle de Bruno, il n’est rien de moins que paralysant; de par sa présence plus vraie que nature et son aptitude à faire passer des émotions torturées, il enflamme littéralement l’écran. Il y a en outre dans ce film une bonne dose d’humour noir, car au Danemark, on n’y échappe pas! Dans BEAST, l’amour est à la fois une force de la nature et un dérèglement chimique. Dévorer ou se faire bouffer… là est la question.

— Mitch Davis

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