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A Fantastic Fear of Everything

Première Nord Americaine

Jack (Simon Pegg) est un auteur de livres pour enfants désireux de se tailler une place dans le monde du cinéma. Ainsi, il a écrit un scénario inspiré de la vie et des crimes des tueurs en série de l’époque victorienne. Ce travail a affecté lourdement sa psyché et il est désormais habité par la peur du meurtre. Lors d’une soirée particulièrement effrayante, il est convaincu d’être assailli par des enfants choristes, un fantôme inconnu et les femmes de la buanderie locale, lieu central de sa paranoïa.

Les coréalisateur Crispian Mills et Chris Hopewell transportent le spectateur dans ce monde étrange et décalé à l’aide d’une combinaison hallucinante d’objectifs « fish-eye », de corridors allongés et d’un hérisson en « stop-motion ». Pegg livre le portrait parfait d’un écrivain démuni, si obsédé par son travail qu’il en vient à oublier les tâches quotidiennes les plus élémentaires, bien qu’il soit conscient de sa propre folie croissante. La majorité du récit se déroule sur une période de quelques heures, pendant une soirée fatidique lors de laquelle Jack a l’opportunité de rencontrer un producteur hollywoodien; le destin et une tentative malavisée d’utiliser son four pour sécher ses vêtements le force à regagner le monde extérieur, parmi les maniaques et les bandits. Puisque nous adoptons complètement le point de vue de Jack, le film resserre lentement l’étau jusqu’à ce que nous nous demandions, nous aussi, si Jack a peut-être raison, et que le monde veut véritablement avoir sa peau.

Un insolite bijou de film, ce premier long métrage de Mills et Hopewell cadre bien dans la tradition britannique des comédies d’horreur, où une logique légèrement tordue coule de source avec une acceptation de ce qui est bizarre, existentiel et excentrique. Pegg prouve qu’il est bien plus que le comique de service : vraiment, quel autre acteur pourrait déambuler à travers un film en sous-vêtements sales et nous faire à la fois rire et avoir peur, pour lui et pour nous-mêmes? A FANTASTIC FEAR OF EVERYTHING s’avère être le genre de film qui, si vous le visionnez dans un cinéma sombre un jour de pluie, vous fera vous interroger sur l’identité du loup dans la bergerie, regarder par-dessus votre épaule et tenter de vous souvenir où vous avez laissé votre couteau à viande.

— Shelagh M. Rowan-Legg

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