Billets

Revenge: A Love Story ("Fuk sau che chi sei")

Première Canadienne
  • Hong Kong
  • 2010
  • 90 mins
  • Vidéo
  • Cantonais
  • Anglais (sous-titres)
Sélection officielle, Festival international du film fantastique de Puchon 2011
Sélection officielle, Fantastic Fest 2011
Sélection officielle, Festival international du film fantastique de Sitges 2011
Sélection officielle, Festival international Imagine d'Amsterdam 2012

“Packs some serious shocks… not for the faint-hearted” — David Parkinson, EMPIRE

“High-end lowbrow storytelling… uncommonly good filth” — Martin Wong, GIANT ROBOT

“Crafts a tricky crime tale on the cusp of horror, balancing the grisly and the sentimental without wallowing excessively in either” — Dennis Harvey, VARIETY

À L’INTÉRIEUR t’a rendu insomniaque? Celui-ci te foutra une sacrée claque. Une fille simple d’esprit et un garçon introverti tentent de (sur)vivre leurs petites vies dans les rues bien remplies d’Hong Kong, lorsque tout fout atrocement le camp. Pourquoi ce jeune homme tue ces femmes enceintes, les éventrant pour les laisser doucement expirer, elle et son enfant mort-né? Comment un homme devient-il si monstrueux? Jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour protéger l’être aimé?

Quoiqu’il n’y soit pas spécifiquement question d’avortement, ce film remuera certainement les convictions de plusieurs. Sous ses allures d’impitoyable thriller, cette histoire d’ultra-violence traite de sérieux sujets, tels que justice, châtiment, prostitution, pouvoir, culpabilité et corruption. Ce film category III ne lésine pas sur le gore réaliste non plus. Or, ici, il n’y a pas de comiques flics à la THE UNTOLD STORY (1993). Vraiment pas. Alors que son antihéros est lui aussi un cuistot devenu psycho, REVENGE commence comme une histoire sordide de tueur en série (pensez au spectaculaire THE CHASER en 2010), avant de faire brusquement volte-face, afin de nous raconter une histoire affreusement traumatique. Dans ce retour en arrière prolongé, on passe habilement de genre en genre, incluant romance, action, enquête policière procédurale et exploitation de type viol-vengeance. Pas très joli, non?

Magnifiquement filmé (et parfaitement mis en musique par le DJ post-trip-rock Dan F.), le film du réalisateur Wong Ching-Po est parfois violemment graphique, tout en étant souvent subtil, avec ses gracieux mouvements de caméra, comme lors de cette poursuite pédestre et cet accident automobile somptueusement ralentis. Comme si la sensibilité fataliste de Douglas Buck avait en quelque sorte été couplée à l’approche coup-de-poing de Gaspar Noé, sous l’œil (pour œil) approbateur de Park Chan-wook. Basée sur une histoire originale de l’acteur principal Juno Mak (un populaire chanteur d’Hong Kong, vu dans LET’S GO! de Wong et DREAM HOME de Pang Ho-Cheung), cette heure et demie de noirceur cinématographique est fractionnée en huit chapitres, débutant par des interstices métaphoriques qui, jusqu’à la confrontation finale, contrebalancent les plus sombres et horribles scènes du film. Également en vedette, on retrouve Sola Aoi, l’une des actrices pornographiques japonaises les plus mainstream, ainsi que l’acteur culte Lau Wing (alias Tony Liu; qui côtoya jadis Bruce Lee et les Shaw Brothers). À feu et à sang, ça sera. Non, ça ne pardonnera pas.

— Kristof G.

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